Québec, aller-retour

DERNIÈRE SEMAINE DE SEPTEMBRE: L'APOTHÉOSE
DERNIÈRE SEMAINE DE SEPTEMBRE: L'APOTHÉOSE

De retour il y a trois jours à peine de trois semaines passées au Québec avec Nicolas, j'ai envie de vous faire partager, pendant que les souvenirs sont encore frais à mon esprit, les émotions qui m'animent.

 

Faut-il vous dire avec quelle immense joie j'ai retrouvé ma famille que je n'avais pas vue depuis quatre ans? De les voir tous en santé, en bonne forme, et de pouvoir partager avec eux toutes ces choses que l'on ne trouve pas toujours le temps d'écrire car la vie est trop prenante, voilà quel était le but de ce voyage et nous n'avons pas été déçus.

 

Il en a été de même pour les amis. Même si nous avons dû parcourir plus de 3.700 km dans toutes les directions, pour aller voir ceux qui étaient éloignés de notre camp de base, cela en valait incontestablement la peine!

 

Et comme si cela ne suffisait pas, nous avons retrouvé sept amis que nous n'avions pas vus depuis douze ans, voire plus, des retrouvailles qui nous ont fait chaud au coeur. Ces amis sont de ceux que l'on retrouve comme si on les avait vus la veille. Nous le savions et nous en avons eu la confirmation, à chacune de ces retrouvailles. Des promesses ont été échangées de se voir en France dès qu'ils pourront venir vers nous, et nous sommes persuadés qu'ils ne tarderont pas à débarquer avec armes et bagages dans notre paradis, pour notre plus grand bonheur.

 

Et finalement, nous avons rencontré une amie québécoise connue grâce 

à Facebook et que nous n'avions encore jamais vue, Eva Mazone, en passe de devenir célèbre grâce à son magnifique blog érotique, et que nous nous étions promis de voir à notre passage au Québec. C'est maintenant chose faite. Nous avons fait la connaissance d'une femme brillante et adorable qui fait désormais partie des gens qui comptent pour nous.

 

Mais toutes ces chaleureuses rencontres ne sont pas vraiment le propos central de ce récit. J'ai envie de vous parler de ce que j'ai ressenti en retournant pour la première fois dans mon pays après plusieurs années d'absence.

 

Il y a très longtemps que je sais que je veux finir ma vie dans le Sud-Ouest de la France. Je suis tombée folle amoureuse d'un Français il y a bientôt 36 ans et j'ai aussi eu le coup de foudre pour ce coin de France qu'il m'a fait connaître juste après m'avoir passé la bague au doigt. Et depuis maintenant douze ans, nous vivons heureux et cachés, dans un décor de rêve, entourés d'amis que l'on peut appeler à toute heure du jour ou de la nuit, et qui répondront toujours «présent!».

 

Et pourtant, de temps en temps, je me disais que j'aimerais bien avoir un pied à terre au Québec, y passer quelques mois de l'année, jouir de l'automne, qui dure quelques semaines à peine, et du début de l'hiver, une saison qui serait absolument merveilleuse si elle ne durait pas six mois! Un beau rêve que nous n'avons pas pu réaliser... et, j'en suis maintenant certaine, heureusement!

 

J'ai pris conscience, pour la première fois, que je suis désormais une étrangère dans mon pays. Il ne suffit pas, voyez-vous, de connaître par coeur le nom des rues, de pouvoir se repérer dans ce territoire gigantesque, de comprendre les coutumes et le dialecte du cru, ne riez pas! Non, cela ne suffit pas pour conserver un sentiment d'appartenance.

 

Force m'est de constater que je suis arrivée à ce moment dans ma vie où j'ai tellement roulé ma bosse, vécu dans de nombreux pays souvent très différents de mon pays d'origine, connu tant de cultures, tant de gens, que j'ai développé une vision quasi anthropologique dans mes rapports avec mes compatriotes. Je me sens exactement dans mon pays comme je me sentais lorsque je vivais dans tous ces pays d'Asie où notre métier nous a menés, comme un visiteur qui connaît, qui comprend, mais qui « n'adhère pas ». Je n'ai plus le nez dans le guidon du vélo...Ce recul me permet de voir tout ce que je ne voyais pas et tenais pour acquis avant de commencer à parcourir le monde.

 

Le résultat? Je me suis sentie étrangère, et surtout, très critique !

 

Je ne sais pas si c'est bien ou mal, mais c'est ainsi.

 

Comme me le dit Nicolas, mieux vaut cela que l'inverse. Imaginons que je sois prise d'un immense coup de cafard, d'une irrépressible nostalgie et que je me languisse du Québec. Nous serions, en effet, bien embêtés.

 

Mais il n'en est rien! C'est le contraire qui s'est produit, tout doucement, au cours de ces dernières douze années passées en France. Je m'y sens bien, je m'y sens intégrée, acceptée, et je n'ai envie de vivre nulle part ailleurs!

 

Cela ne m'empêche pas de poser parfois un regard très critique sur mes compatriotes français, de nous trouver un tantinet hexagonaux, de me dire qu'il faudrait peut-être parfois cesser de croire que nous savons tout faire et n'avons de leçons à recevoir de personne. Oui, il m'arrive de le penser, et de le dire.

 

Mais au bout du compte, j'aime ce pays d'où je tiens mes racines ancestrales. J'aime ces gens qui m'ont accueillies avec chaleur et amitié. J'aime baigner dans cette culture, jouir de cette qualité de vie que beaucoup n'apprécient pas à sa juste valeur, ce magnifique pays que je ne me lasse pas de regarder et qui ne cesse de me surprendre, tant pas son décor naturel que par son architecture, tous deux si variés. Oui, j'aime mon pays d'adoption et j'ai bien l'intention d'y finir mes jours.

 

Voilà ce que j'avais envie de partager avec vous!

 

Marie

Il est beau mon pays en automne...
Il est beau mon pays en automne...

Nouveaux romans

Recueil de nouvelles paru en décembre 2014

Le premier roman de Marie Godard

Recueils auxquels elle a participé

Marie et Nicolas ensemble sour la même couverture...