Réflexions sur la mort

Les récents événements m'ont amenée à beaucoup réfléchir à ce qui nous attend tous, un jour ou l'autre...

 

Quand je pense à la mort, que je regarde Nicolas, mon compagnon depuis si longtemps, je trouve qu’il y a quelque chose de révoltant à me dire que lorsque nous serons morts, notre relation unique et si rare se désagrégera à jamais.

 

Trente-cinq, avec de la chance quarante-cinq ans peut-être de vie commune, de complicité, de peines et de joies partagées, d’une connaissance si intime de l’autre que l’on peut finir ses phrases ou deviner à son seul regard ce qu’il pense, une partie de soi, là, tout près, si près, qui partage tout, même nos colères, nos révoltes, nos déprimes. Et tout cela se termine avec la mort?

 

Je trouve cela très choquant et de ce point de vue, je peux comprendre que bon nombre d’humains croient en Dieu, quel que soit le nom qu'on lui donne, en une vie après la vie, une vie où l’individu conserve son identité et retrouve ceux qui sont morts avant lui. Oui, je les comprends car de le croire est tellement rassurant. Donne le sentiment de ne pas faire tout cela pour rien.

 

A quoi donc sert de vivre, et, pour beaucoup d'entre nous, de bouffer chaque jour la merde à la petite cuiller, de souffrir, par moment, jusqu’à n’en plus pouvoir, de vivre aussi, à d’autres moments, une telle exaltation que l’on a le sentiment de ne plus toucher terre, de s’imaginer parfois qu’on est quelqu’un, qu’on a quelque importance au milieu de ce milliard d’hommes et de femmes, sans compter tous ceux qui sont passés là avant nous et tous ceux qui nous suivront? Et tout cela pourquoi ?

 

Si je pousse ce raisonnement jusqu’à sa conclusion, je n’ai qu’une alternative.

 

Soit je ne supporte pas que ma vie ne serve à rien et je me dis que je n’ai pas besoin de vivre toutes ces souffrances et ces plaisirs passagers et j'y mets un terme. Soit je me jette à fond dans tout ce qui me fait plaisir, je me roule dans l’insouciance, l’égoïsme aussi parfois, je fais d’ Épicure mon saint patron et je profite de cette vie jusqu’à ce qu’elle me lâche dans le cosmos des cellules pourries de ces milliards de corps qui m'ont précédée.

 

Oui, je comprends ceux qui croient au paradis. J’y croirais moi aussi, s’il n’y avait pas l’enfer de l’autre côté de l’équation. Comment accepter qu’après avoir tant souffert, on puisse être encore une fois puni, et pour l’éternité, rien de moins, parce qu’on n’a pas été à la hauteur ?

 

Quel est l’être qui a pu avoir cette abominable idée ? Et pourquoi?

Nouveaux romans

Recueil de nouvelles paru en décembre 2014

Le premier roman de Marie Godard

Recueils auxquels elle a participé

Marie et Nicolas ensemble sour la même couverture...