POUR MON AMIE ANNE BERT

Avez-vous déjà pris le temps de vous interroger sur ce que pourrait être votre fin de vie en cas de maladie incurable ou au terme d’une maladie ou d’un accident qui vous condamne à un état grabataire ?

Savez-vous que la loi Claeys-Leonetti ne donne aucune liberté de choix au patient si ce n’est celle de se faire administrer un produit qui le placera dans un état de sédation profonde tandis que l’alimentation sera interrompue jusqu’à son décès ?

Nous sommes loin de ce que François Hollande avait promis lors de sa campagne présidentielle puisqu’il s’était engagé à légaliser l’euthanasie et l’aide active à mourir. Il n’a pas tenu sa promesse.

Je vous invite à prendre connaissance de la lettre ouverte de l’auteur Anne Bert, une amie proche qui est atteinte d’une maladie neurodégénérative grave et  totalement handicapante : la sclérose latérale amyotrophique (SLA), aussi connue sous le nom de la maladie de Charcot, une terrible maladie.

Les motoneurones qui dirigent les muscles volontaires meurent progressivement et l’issue en est fatale. Il n’y a pas de traitement et les malades ont, dans le meilleur des cas, entre trois et cinq ans à vivre après le diagnostic. Anne, comme tous les patients qui en sont atteints, subit une paralysie progressive de tous ses muscles volontaires, y compris des muscles respiratoires. Il arrivera un moment où elle ne pourra plus ni parler, ni déglutir.

Elle n’aura plus alors que ses yeux pour communiquer tandis que son cerveau gardera la pleine conscience de ce qu’elle est en train de vivre.

 Anne ne veut pas mourir. Elle aime la vie mais elle sait ce qui l’attend et veut pouvoir choisir le moment de sa mort sans avoir à passer par la case torture, emprisonnée dans son corps.

Elle est, comme moi et comme des millions de Français, révoltée que François Hollande n’ait pas tenu parole afin de nous assurer de pouvoir disposer de ce libre choix.

Elle a dicté une lettre ouverte adressée aux candidats à l’élection présidentielle de 2017 dans laquelle elle leur demande de prendre position face à la légalisation de l’euthanasie et de s’engager à faire voter sans tarder, s’ils sont élus, une loi digne de ce nom.

 Nous sommes tous concernés par ce libre choix, quel qu’il soit.

Prenez le temps de lire cette lettre (ci-après), partagez la avec votre famille, vos amis et sur les sites tels que Facebook, Twitter, etc.

Signez et faites signer la pétition en faveur de ce libre choix, un droit fondamental et une préoccupation existentielle majeure.

Je m’engage pour ma part à transmettre cette pétition et la lettre d’Anne Bert aux candidats à la présidence.

Marie Godard

Le 8 février 2017

 

Mesdames et Messieurs les candidats à l’élection présidentielle 2017, il est de votre devoir de vous positionner à propos de la légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie, sujet majeur qui relève des droits des citoyens à l’autodétermination de leur vie.
La loi Leonetti votée en 2016 n’a toujours pas légalisé le droit à l’euthanasie ni le suicide assisté comme promis par François Hollande, ni même réellement légiféré sur le respect des directives anticipées puisque les médecins peuvent les juger inappropriées ou ne pas en tenir compte dans l’urgence des soins, aucune banque de données immédiatement accessible n’existant.
Cette loi répond plus aux préoccupations des médecins qu’aux droits des patients qui souhaitent ne pas aller au terme de leur maladie incurable ou accepter d’insupportables souffrances. La sédation profonde et l’arrêt de la nutrition ne sont pas toujours ce que souhaitent les patients qui ont exprimé leur volonté de fin de vie. Endormir un malade pour le laisser mourir de faim et de soif est-il réellement plus respectueux de la vie que d’y mettre fin par l’administration d’un produit létal ?
En tout cas, ces dispositifs ne concernent que les patients au stade terminal de leur maladie. Ne sont pas concernés par cette loi bien hypocrite les patients atteints de maladies évolutives incurables, par exemple la maladie de Charcot dont je suis affectée depuis une année, qui très rapidement condamne à la dépendance et la paralysie totale, et à la mort dans un délai très court. Autant dire un tunnel de la mort dans lequel les patients sont condamnés à être torturés chaque jour un peu plus physiquement et psychologiquement sous le regard bienveillant de la loi Leonetti et des bien-pensants.
La souffrance physique et mentale, et la perte d’intégrité sans aucun espoir d’avenir n’ont jamais fait grandir l’homme, ne l’ont pas amoindri, il est vrai non plus, mais assurément choisir de les vivre ou de les faire subir ne rend pas meilleur. L’acceptation de vivre un calvaire n’est pas plus honorable que le refus. Le choix intime de devancer l’horreur dans mon cas précis s’est fait sans être atteinte de dépression, après une longue introspection, une réflexion spirituelle et philosophique, en temps réel, ouverte sur la vie. Il est assez insupportable d’entendre dire qu’un patient atteint d’une maladie incurable est forcément dépressif lorsqu’il souhaite en finir, qu’il suffirait de lui administrer des anxiolytiques ou des antidépresseurs pour qu’il aille mieux quand on sait que ces médicaments ne font qu’abrutir et diminuer la vigilance.
Pour ma part, décider d’abréger ma fin de vie plutôt que de végéter emmurée avant de mourir est un choix éclairé en accord avec ma vision de l’existence, fait dans un état d’esprit lucide, et qui m’apporte un peu d’apaisement. Cette décision n’est pas non plus égoïste, elle concerne les proches qui m’entourent et m’aident merveilleusement bien, mais qui respecteront ma si difficile décision parce qu’ils m’aiment. Au sujet de l’égoïsme, cet argument brandi par les opposants à cette légalisation – « mais avez-vous pensé à ceux qui vous aiment et qui veulent que vous ne les quittiez pas…? » – je me suis toujours justement questionnée sur l’égoïsme de ceux qui exigent que les souffrants et agonisants acceptent leur chemin de croix par amour pour eux.
En d’autres temps, par refus de la souffrance en préliminaire à une mort certaine ou par peur de trahir, le choix des résistants partant à la torture et préférant avaler une capsule de cyanure suscitait plutôt la compassion, la bienveillance, l’empathie, voire même l’admiration pour leur choix que l’on jugeait alors courageux. Pourtant je ne pense pas que le choix de mettre un terme à sa vie plutôt que de subir des souffrances insupportables relève du courage, ni d’ailleurs de la lâcheté. Ce choix exprime dans mon cas, puisque l’on ne peut parler que de soi dans cette affaire si intime, un immense amour et de respect de la vie telle que je la conçois. Les arguments que je lis ici et là pour pourfendre la légalisation de l’euthanasie me semblent toujours relever de parti pris inflexible, de dogme, de fantasmes, de non-respect d’autrui et parfois d’ imbécillité il faut bien le dire, comme ce collectif belge qui prétend que la loi encadrant l’euthanasie en Belgique est un danger pour la démocratie…
En France, la plupart de ces opposants, y compris des responsables politiques, admettent que peuvent se faire dans le secret familial avec le médecin de famille, des gestes qui abrègent la vie du malade, mais qu’il faut que cela reste du domaine de l’intime que l’on ne confesse qu’à Dieu. Voilà bien une moralité à géométrie variable. Consentir et comprendre qu’en huis clos on puisse donner la mort alors que c’est illégal est totalement inadmissible et indigne d’une société humaniste qui se doit de garder les yeux ouverts. Seraient alors pareillement admissibles de petits crimes commis hors champ de la sphère publique.
La légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie n’est en rien une incitation à bafouer la vie, encore moins une obligation à adhérer à cette vision de l’existence, ni même une obligation de la part du corps médical à assister ou procéder à l’acte létal. Les médecins qui, pour des motifs philosophiques ou religieux, refusent l’idée de l’euthanasie auront la liberté de ne pas la pratiquer, et les patients, la liberté de choisir d’endurer souffrances physiques, psychologiques et état grabataire, sans interférer autrement que par les soins palliatifs.
Afin de pouvoir sérieusement progresser dans le débat, les commissions et les concertations autour de cette question doivent être menées avec des personnes ayant certes des arguments différents pour construire un cadre d’application juste, mais ils devront être tous favorables au choix du geste létal ; il est nécessaire également que ces discussions se fassent en présence de ce que j’appellerais des « experts », c’est-à-dire des personnes concernées autres que des médecins : des malades, des proches de malades. Leur parole et réflexions sont essentielles au débat. Il est inacceptable de traiter les malades comme des hommes et des femmes sous tutelle, incapables de discernement et de lucidité. Excepté les malades atteints de pathologies psychiatriques, tout homme et toute femme doit disposer de la liberté de décider de la manière de vivre sa maladie et sa mort.
Les tabous de de la mort et du suicide aveuglent les dirigeants français, il est passé sous silence le nombre de vieillards ou de malades qui se suicident violemment dans la solitude et le secret. Doivent être aussi pris en compte le soulagement et l’apaisement que procure la certitude de pouvoir choisir et bénéficier d’une aide à la fin de vie active ou passive, plutôt que de s’acharner à chercher sans cesse une issue par ses propres moyens, ou à exiler ses derniers jours en terre étrangère, loin des siens, tourments qui empêchent de vivre une fin d’existence sereine.
Mesdames et messieurs les candidats à l'élection présidentielle, persister à refuser le droit de choisir sa fin de vie, c’est accepter que des Français déterminés à le faire se suicident de façon violente ou clandestinement aidés, ou encore aillent mourir hors frontières. Prenez donc vos responsabilités, votre positionnement favorable à la légalisation de l’euthanasie ne doit pas être une velléité électorale mais une infaillible détermination. Selon les derniers sondages 2015/2016, une très large majorité de Français (entre 80 et 90 %) est favorable a cette légalisation.
Je vous invite à consulter les documents législatifs de la proposition de loi belge relative à l’euthanasie, des discussions fort constructives et passionnantes, sur le site ⇒ www.senate.be
Anne Bert

Mourir d'un infarctus à 47 ans... Cela en vaut-il la peine?


Nous avons appris hier que Pierre Berger, le président d'Eiffage, est mort à 47 ans d'un infarctus. Je ne suis certes pas médecin, mais je ne peux m'empêcher de penser que cet homme s'est vu amputé d'une quarantaine d'années de vie en raison de ses choix, même s'il n'en avait sans doute pas conscience.

 

Ce décès prématuré m'a amenée à réfléchir à ce qu'est notre vie, à ce que nous choisissons d'en faire, à ce que l'on récolte de ce que l'on a semé. Le meilleur...et le pire...

 

On n'a rien sans rien, me direz-vous, et c'est vrai. Mais il me semble que la seule question qui compte vraiment est de savoir si, pour être sur le devant de la scène, pour ressentir l'ivresse de la toute-puissance, pour détenir la richesse qui permet de dépenser sans jamais compter, le prix à payer n'est pas trop élevé.

 

En d'autres mots, est-ce que les sacrifices que l'on doit faire -- et parfois même celui de sa vie -- pour devenir un incontournable dans les domaines de la finance, de la politique, et parfois même de la culture, valent tout ce à quoi l'on doit renoncer pour y accéder?

 

Certains d'entre vous me répondront qu'un homme tel que Pierre Berger, dont l'ascension professionnelle a été exceptionnelle, n'a pu en être que comblé, tant au plan professionnel que financier, et qu'il ne pouvait, donc, qu'être heureux...

 

Mais qu'en est-il de tout le reste?

 

Pensez-vous un seul instant que l'on puisse accéder à la présidence d'une société, voire d'un pays, sans renoncer à être présent lors des moments qui comptent dans la vie d'un être humain? Et par exemple, quelles sont les chances qu'une femme puisse avoir un enfant sans accepter de sérieusement compromettre sa carrière, quelles sont celles qu'un homme puisse assister à l'accouchement de sa femme ou accompagner son rejeton lors de son premier jour d'école? Qu'il puisse voir sa fille jouer pour la première fois dans une pièce de théâtre?

 

Devoir renoncer à prendre des congés en famille dont ils auraient pourtant terriblement besoin, faire le sacrifice de ces merveilleux moments passés dans une indicible communion avec la nature, peu importe la vue imprenable depuis leur résidence secondaire où ils n'ont guère le temps d'aller, voilà les choix qu'ils doivent faire chaque jour pour être tout là haut... 

 

Et par ailleurs, vous est-il venu à l'esprit qu'ils se sont fait, en cours de route, des ennemis mortels qui n'attendent que de les voir plier le genou pour, d'un grand coup de pied, les écraser contre le sol? Qu'à chaque moment de leur vie, ils doivent renoncer à être spontanés, qu'ils doivent mesurer chacune de leurs paroles car ils n'ont plus jamais droit à l'anonymat? Qu'ils ne peuvent donc plus s'autoriser à boire un peu trop en compagnie d'amis chers car ils doivent, toujours, garder le contrôle? 

 

Ils sont puissants, ils sont riches, certes, mais à quel prix? Tout ça pour quoi? Pour qu'un chapitre leur soit consacré sur Wikipedia? Pour qu'un livre leur soit consacré, s'ils ont de la chance?

 

Tout cela n'a de sens, à mon avis, que dans le cas d'êtres exceptionnels qui laissent dans leur sillage des réalisations inoubliables. Gandhi, Mère Teresa, de Gaulle... mais les autres...

 

Je pense à ceux qui restent derrière, privés de père, de mère, d'ami, et je trouve cela terriblement triste...

 

Ça m'énerve! Ça m'énerve!

J'étais invitée ce weekend au Salon du livre de Gaillac. Nous étions 90 auteurs ainsi que quelques éditeurs régionaux. Les organisateurs nous avaient répartis sous des chapiteaux, selon des critères qui, à priori, semblaient objectifs: Littérature, BD, Livres pour enfants, et Littérature régionale. 

J'insiste sur le fait que je n'ai que de très belles choses à dire à propos des bénévoles et du personnel du service culturel de la mairie. Ils se sont très bien occupés de nous. 

En revanche, nous étions environ une dizaine d'auteurs qui ont été placés sous un chapiteau nommé "Éditeurs et auteurs locaux et régionaux". À priori, rien de choquant dans le fait de trier les auteurs en regroupant les auteurs qui VIVENT DANS LA RÉGION. Mais en fait, le tri n'avait ni queue ni tête. Oui, il y avait en effet des auteurs de la région (Gaillac, Toulouse, le Gers, etc...) mais il y avait également des auteurs régionaux sous le chapiteau "Littérature", tandis qu'un photographe néerlandais, et une auteur d'origine canadienne (moi) étions placés avec les auteurs "régionaux" à côté, par exemple, d'un auteur très sympa, André Coste pour ne pas le nommer, qui écrit des romans en occitan. 

Première incohérence qui nous a laissés très perplexes et qui a causé de la confusion auprès des visiteurs du salon qui n'ont pas compris pourquoi nous n'étions pas avec les auteurs du chapiteau "Littérature". 

Certains diront que la raison est plus subtile et qu'on nous a mis à part car nous ne sommes pas assez connus. Mais là aussi il y avait une incohérence car, pour ne citer que cet exemple, il se trouvait sous le chapiteau "Littérature" un jeune auteur qui vient à peine de publier son premier roman alors que nous étions nombreux sous le chapiteau "Auteurs locaux" à avoir quatre ou cinq livres déjà publiés, et souvent par des éditeurs nationaux et connus, comme c'est mon cas...

Et pour couronner le tout, tous les auteurs, SAUF LES AUTEURS "RÉGIONAUX", ont eu droit à une grande affiche au dessus de leur tête avec leur nom et leur photo... mais pas les auteurs de seconde zone que nous étions. 

De même en ce qui a trait au petit fascicule préparé par le service culturel de la mairie de Gaillac. Voyez un peu: Premières pages réservées aux auteurs "Littérature" avec photo et bio, viennent ensuite les auteurs de BD et de livres pour enfants, avec, pareil, photo et bio. Et les auteurs régionaux? Devinez!

PAS DE PHOTO ET DEUX LIGNES, DONT UNE POUR NOS NOMS, LES UNS DERRIÈRE LES AUTRES, POUR QUE CETTE LISTE PRENNE LE MOINS DE PLACE POSSIBLE!

Et, cerise sur le gâteau, les auteurs "régionaux" ont dû apporter avec eux les livres qu'ils présentaient au salon, les emballer et recueillir chèques et espèces, alors qu'un service de librairie avait été mis en place pour tous les autres auteurs qui n'ont eu qu'à dédicacer leurs livres pendant qu'un employé de la mairie ou le libraire (je ne sais) faisait le reste du travail...

Ça m'énerve! comme dirait l'autre, car j'ai une horreur absolue de l'incohérence et j'aurais été tout aussi choquée si je n'avais pas été invitée à ce salon. 

Il n'y a aucune façon de justifier cette différence entre les auteurs, différence qui est très blessante et qui nous a renvoyé le signal que nous sommes des auteurs de seconde zone, et qui envoie aux visiteurs du salon le message que ce salon du livre est à deux vitesses, un espace pour les "vrais" auteurs et un recoin pour les autres auteurs, enfin, si on peut les appeler auteurs parce que, bon... à qui il faut bien faire une petite place...


Savez-vous quoi? Je ne risque pas d'y remettre les pieds, et je ne suis pas la seule!

ven.

17

avril

2015

Réflexions sur la mort

Les récents événements m'ont amenée à beaucoup réfléchir à ce qui nous attend tous, un jour ou l'autre...

 

Quand je pense à la mort, que je regarde Nicolas, mon compagnon depuis si longtemps, je trouve qu’il y a quelque chose de révoltant à me dire que lorsque nous serons morts, notre relation unique et si rare se désagrégera à jamais.

 

Trente-cinq, avec de la chance quarante-cinq ans peut-être de vie commune, de complicité, de peines et de joies partagées, d’une connaissance si intime de l’autre que l’on peut finir ses phrases ou deviner à son seul regard ce qu’il pense, une partie de soi, là, tout près, si près, qui partage tout, même nos colères, nos révoltes, nos déprimes. Et tout cela se termine avec la mort?

 

Je trouve cela très choquant et de ce point de vue, je peux comprendre que bon nombre d’humains croient en Dieu, quel que soit le nom qu'on lui donne, en une vie après la vie, une vie où l’individu conserve son identité et retrouve ceux qui sont morts avant lui. Oui, je les comprends car de le croire est tellement rassurant. Donne le sentiment de ne pas faire tout cela pour rien.

 

A quoi donc sert de vivre, et, pour beaucoup d'entre nous, de bouffer chaque jour la merde à la petite cuiller, de souffrir, par moment, jusqu’à n’en plus pouvoir, de vivre aussi, à d’autres moments, une telle exaltation que l’on a le sentiment de ne plus toucher terre, de s’imaginer parfois qu’on est quelqu’un, qu’on a quelque importance au milieu de ce milliard d’hommes et de femmes, sans compter tous ceux qui sont passés là avant nous et tous ceux qui nous suivront? Et tout cela pourquoi ?

 

Si je pousse ce raisonnement jusqu’à sa conclusion, je n’ai qu’une alternative.

 

Soit je ne supporte pas que ma vie ne serve à rien et je me dis que je n’ai pas besoin de vivre toutes ces souffrances et ces plaisirs passagers et j'y mets un terme. Soit je me jette à fond dans tout ce qui me fait plaisir, je me roule dans l’insouciance, l’égoïsme aussi parfois, je fais d’ Épicure mon saint patron et je profite de cette vie jusqu’à ce qu’elle me lâche dans le cosmos des cellules pourries de ces milliards de corps qui m'ont précédée.

 

Oui, je comprends ceux qui croient au paradis. J’y croirais moi aussi, s’il n’y avait pas l’enfer de l’autre côté de l’équation. Comment accepter qu’après avoir tant souffert, on puisse être encore une fois puni, et pour l’éternité, rien de moins, parce qu’on n’a pas été à la hauteur ?

 

Quel est l’être qui a pu avoir cette abominable idée ? Et pourquoi?

jeu.

08

janv.

2015

Je suis Charlie !

Je pleure en pensant à ces journalistes, les défenseurs de notre liberté de parole, ces hommes si précieux qui sont morts pour que nous puissions continuer de dire ce que nous pensons. 


Comment ne pas rejoindre mes compatriotes pour dire à haute voix quelle profonde tristesse je ressens devant une telle horreur? Pour crier haut et fort que l'on ne peut pas tout faire au nom de la religion et que, quoi qu'ils croient, ces tueurs ne seront pas récompensés pour leurs actes d'une infinie barbarie.


Je ne sais pas si Dieu existe, mais si c'est le cas, j'ai la certitude qu'il ne peut pas prendre sous sa protection des êtres qui ont démontré, une fois de plus, qu'ils ne font plus partie du genre humain...



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mar.

09

déc.

2014

Ras le bol de Facebook !

L'heure est grave! J'ai atteint mon point de non retour avec Facebook. Je ne supporte plus son puritanisme judéo-chrétien qui n'a aucune tolérance pour les belles choses de la sensualité et de l'érotisme et encore moins ce flicage dont tous les membres sont victimes. 

 

On vient en effet de nous annoncer qu'à compter du 1er janvier 2015, Facebook pourra faire à peu près ce qu'il veut avec toutes les informations et les photos qui se trouvent sur nos pages, sans avoir même besoin de nous en avertir, à prendre ou à laisser. Non pas qu'ils ne le fassent pas déjà, mais désormais, c'est officiel.

 

Alors je quitte le bateau,  pour de bon, et je vous invite à faire de même si, comme moi, cela vous est insupportable. 

 

Je m'installe tout doucement sur "Ello", un site qui est en cours de création et dont toutes les fonctionnalités ne sont pas encore opérationnelles, mais peu importe. Ce site a été créé par des gens qui, comme beaucoup d'entre nous, ne supportent pas le comportement moralisateur de FB. pas plus que les pubs qui nous inondent et l'usage qui est fait de nos informations personnelles.

 

"Ello" n'est accessible que sur invitation. Il faut qu'un membre vous invite. Je me porte volontaire. Tout ce que vous devez faire, c'est m'écrire ici, sur ce site, en indiquant bien votre nom et votre adresse mail et je me chargerai de vous inviter. Il est possible que cela prenne un certain temps, non pas à cause de moi, mais parce que le site est inondé de demandes. Un bon signe, à mon avis.

 

Il n'y a plus qu'à espérer que "Ello" tiendra parole.

 

Et sachez par ailleurs que je resterai sur TWITTER pour continuer de vous tenir informés des événements intéressants de ma vie d'auteur.

 

Mon identifiant sur TWITTER:    MarieGodard7.

 

Et une autre bonne nouvelle: mon dernier roman, "Soumise, vous avez dit soumise" paraîtra, je le sais maintenant, en février 2015. Je vous en reparlerai lorsque j'aurai plus de précisions.

lun.

08

déc.

2014

Euthanasie: Monsieur Hollande, quand donc allez-vous tenir vos promesses?

Les travaux des députés Leonetti et Claeys viennent de s'achever mercredi. D'après les échos qui nous parviennent, l'euthanasie 'est pas partie pour s'inscrire dans leur proposition de loi, et cela, malgré la promesse de François Hollande.

 

Suis-je surprise ? Non.

 

Les Français plébiscitent cette loi

 

Je le savais, nous le savions. Le simple fait que Jean Leonetti ait été sélectionné pour réaliser ce travail ne pouvait avoir d'autres effets que de reconduire, à quelque chose près, la loi Leonetti telle qu'elle existe déjà.

 

Mais que faut-il donc faire pour que les hommes qui nous gouvernent mettent leurs convictions judéo-chrétiennes sous leur petit mouchoir et votent enfin la loi que tous les Français demandent ?

 

Que craignent-ils donc ? Qu'on abuse de cette loi pour allonger papi ou mamie dans son cercueil un peu plus tôt que prévu, dans le seul but de mettre plus rapidement la main sur l'héritage ? Franchement...

 

Se protéger contre l'arbitraire

 

Ne voient-ils pas que c'est en l'absence de loi que ce scénario est le plus plausible car il laisse à quelques uns – le médecin ou l'infirmière qui se prend pour Dieu ou un membre de la famille intéressé par autre chose que le bien-être du malade, par exemple – tout l'arbitraire de la décision ? C'est dans ce contexte qu'existe le plus gros risque d'abus.

 

Et même lorsque, dans le cas du Docteur Bonnemaison, la décision de mettre fin à la vie d'un patient n'est dictée que par le respect du malade et le désir d'abréger ses souffrances, il n'est pas normal, que dis-je, humain, de faire porter à une seule personne le poids d'un tel acte. Et je ne parle même pas de ses implications légales.

 

Une loi sur l'euthanasie et le suicide assisté ferait en sorte de tous nous protéger contre une décision arbitraire. Il y aurait d'une part, nos directives anticipées qui préciseraient ce que nous voulons et ne voulons pas, et d'autre part, les très proches et les médecins responsables du patient qui prendraient la décision finale de manière collégiale en tenant compte de nos volontés clairement exprimées.

 

L'euthanasie, un scénario possible, pas une contrainte

 

J'ajoute que ce n'est pas parce qu'il serait voté une loi autorisant l'euthanasie et le suicide assisté que ceux qui ont envie de souffrir jusqu'à la dernière seconde ne pourraient pas mourir de mort naturelle, dans le respect de leurs convictions religieuses ou philosophiques. En revanche, ceux qui n'en peuvent plus de souffrir et de rendre ceux qu'ils aiment témoins de leurs souffrances, pourraient enfin choisir le jour et l'heure de leur mort. 

 

Il s'agit de mon corps, de ma vie, j'ai le droit de choisir le moment de ma mort. Je refuse que l'on m'impose de rester là, recroquevillée dans le lit d'un service de soins palliatifs, lorsque ce service existe, avec mes seuls yeux pour dire ma détresse.

 

Je refuse qu'on insère, contre mon gré, des tubes dans tous mes orifices, qu'on me nourrisse de force, et cela pendant des mois, voire des années, sous les yeux de ceux qui m'aiment et qui souffrent encore plus que moi de voir l'état de ma déchéance. Personne n'a le droit de me forcer à passer à travers de telles souffrances si je ne le choisis pas moi-même."

 

Une pétition à signer

 

Dans le pire des cas, il reste les somnifères et les sacs de plastique gonflés à l'hélium. On peut aussi se tailler les veines, pourquoi pas, mais c'est terrible de faire ça à ceux qu'on aime, sans compter que cela suppose que l'on ait encore la force de se suicider.

 

La seule autre possibilité, à condition qu'on en ait les moyens et que l'on soit encore transportable, est de partir en Suisse. Je suis pour ma part révoltée à l'idée que lorsque le moment viendra, il me faudra m'expatrier pour qu'on achève mes souffrances et que du coup, je mourrai loin de ceux que j'aime.

 


Si vous approuvez mon propos, peut-être voudrez-vous signer cette pétition que j'ai créée sur Change.org. Si nous sommes des millions à signer, peut-être que les choses changeront.




1 commentaires

jeu.

05

juin

2014

Contributions au NouvelObs

C'est la quatrième fois que je suis sollicitée par le NouvelObs pour écrire un commentaire sur des sujets d'actualité. 

 

Le dernier est paru hier. et voici le lien:

 

"50 Nuances de grey", cause des MST chez les cinquantenaires ? Une bonne nouvelle, non ?

 

et le lien vers ma page sur le NouvelObs où vous pourrez lire mes contributions plus anciennes:

  

http://leplus.nouvelobs.com/mariegodard

 

Bonne lecture!

 

 

 

sam.

31

mai

2014

Adieu ma soeur, je t'aime...

Deux vidéos que j'ai réalisées pour Christine

Dans un jour - 1966

Mon amour, mon ami, mon frère - 1975

Ma soeur vient d’être emportée par un cancer. Je n’ai pas pu lui tenir la main et lui dire, une dernière fois, combien je l’aimais, car elle est morte au Canada, alors que je vis en France. 

 

La moindre des choses est que je fasse ici son éloge.

 

D’abord et avant tout, Christine était ma grande sœur. Neuf ans nous séparaient mais nous avons toujours été très proches. Elle a été mon idole pendant toute mon adolescence, celle à qui j’aurais voulu ressembler, et dont j’enviais l’immense talent. J’étais si fière d’elle !

 

Déjà adolescente, elle composait des chansons et s’accompagnait à la guitare. Elle compte parmi les pionnières de l’époque des boîtes à chansons où elle a partagé la scène avec les plus célèbres de nos chanteurs. Mais elle n’a pas écrit que pour elle. Des dizaines d’interprètes québécois et français ont connu le succès grâce à ses chansons, comme on peut le voir sur cette page: 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Christine_Charbonneau

 

J'’ai le cœur plein de larmes mais malgré la tristesse qui m’étrangle la gorge, j’ai la certitude que Christine ne restera pas que dans la mémoire de ses quatre enfants, des hommes qui l’ont aimée, et de sa famille. Ses chansons, ses livres, ses tableaux, car elle peignait aussi avec talent, sont autant de souvenirs d’elle que ses compatriotes partageront encore longtemps.

 

Christine était persuadée que la mort n’est qu’un passage vers une autre lumière. Elle savait qu’elle retrouverait ceux qui sont partis avant elle et de ce fait, elle n'avait pas peur de mourir.

  

 

Christine, si ce que tu croyais est vrai, alors tu sais que je t’aime et que tu me manques déjà…

 

 

Ta petite sœur. XXX

jeu.

10

avril

2014

Troisième roman terminé!

                « F I N »

 

J'ai tapé ce mot sur mon clavier, hier, vers 17h.

 

Ça y est, mon troisième roman est terminé. Mon troisième bébé est né, ou peut-être devrais-je dire, mon quatrième, car il y en a bien un premier, qui ne verra jamais le jour... Bon, je vais m'arrêter immédiatement avec les métaphores de naissance car je ne veux pas avoir à parler de fausse-couche! 

 

Celui-ci m'a donné plus de mal.

 

D'abord c'est le premier où je ne me sois pas mise en scène. Il est écrit à la troisième personne et, pour la première fois, je vais dans la tête de tous les personnages pour essayer de comprendre ce qu'ils ressentent.

 

Il n'y a que quatre protagonistes, c'est tout! L'histoire qu'ils vivront ensemble n'est pas invraisemblable, elle aurait pu m'arriver, mais ce n'est pas le cas... En aurais-je eu envie? Je laisserai au lecteur le plaisir de se faire lui-même une opinion...

 

L'autre difficulté:  la chute du roman. Je ne voulais pas qu'elle soit «téléphonée». J'ai mis beaucoup de temps avant d'arriver à peu près à ce que je voulais. Je dis « à peu près », comment dire autre chose? Arrive-t-on jamais à être complètement satisfait de ce que l'on écrit?

 

C'est sans doute la même chose pour tous les créateurs. Je sais en tout cas que lorsque j'étais céramiste, je devais me contraindre à signer mes pièces, car il y avait toujours une légère insatisfaction qui me poussait à retravailler et retravailler l'argile, jusqu'à ce que j'apprenne, à mes dépens, qu'à trop vouloir la perfection, je finissais par faire moins bien que si je m'étais arrêtée plus tôt.

 

Et peut-être y a-t-il quelque chose d'attachant, d'émouvant même, dans cette imperfection qui donne une plus grande humanité à l'oeuvre? Bof, c'est sans doute ainsi que l'on se rassure lorsque, comme moi, on est encore un auteur débutant...

 

J'ai écrit hier, sur Facebook, que je ne savais pas si je devais être soulagée ou triste. Anne Bert m'a répondu: « Pourquoi? » J'aime  déjà beaucoup Anne, même si je ne l'ai encore jamais rencontrée, car elle va toujours un peu plus loin et contraint ses interlocuteurs à aller au delà de l'évident. 

 

Ce matin, avec le soleil qui brille, les fleurs partout sur les arbres fruitiers et toutes ces petites feuilles vert tendre qui apparaissent chaque jour un peu plus aux arbres, je ne suis pas triste, je suis fière d'avoir réussi à pondre ce troisième texte, et soulagée, oui, soulagée, parce que ce n'était pas joué d'avance.

 

Ne dit-on pas, ainsi que je viens de l'écrire à Clarissa Rivière, que chacun porte en soi un livre? Et dans mon cas, le deuxième, qui est la suite du premier, bon d'accord, jusque là, rien d'extraordinaire. Mais de me prouver à moi-même que j'ai encore un peu de carburant m'a fait du bien et m'a donné la conviction, qui me faisait défaut jusqu'ici, que j'ai vraiment envie et besoin de l'écriture et que je n'ai rien perdu au change en abandonnant la céramique pour me consacrer désormais à un autre mode d'expression. À ma place, ne seriez-vous pas soulagé vous aussi, cher lecteur, sans qui tout ceci n'aurait aucun sens?

 

Bien évidemment il me faut encore me lire et me relire, corriger les fautes, les redites, et les incohérences, mais l'essentiel est fait, et je peux même vous dire, dès maintenant, quel est le titre de ce troisième roman:

 

          « Soumise ... vous avez dit soumise ? »


J'ai d'autres projets, certains avec Nicolas, s'il arrive un jour à se consacrer un peu moins à ses autres activités et un peu plus à l'écriture. Et d'autres encore, en solo. Comme je l'écrivais à Thomas Galley, je ne suis pas encore asséchée, ce qui l'a beaucoup fait rire.

 

Reste à savoir si ce troisième roman plaira à celui sans qui rien ne peut arriver, mon éditeur. Il a déjà le deuxième sur son disque dur depuis un certain temps, et j'ai peur de le matraquer avec un troisième avant même que le verdict ne soit tombé pour la suite d'Échanges virtuels...

 

Il faudra pourtant bien que j'apprenne la patience ...

 

 

sam.

23

nov.

2013

Commentaire refusé sur le NouvelObs...

Voici un coup de gueule qui a été refusé il y a une huitaine de jours par le NouvelObs par crainte de poursuites... J'ai enlevé les références spécifiques à l'auteur et au prix mais je fais confiance à mes lecteurs...

 

Je suis écoeurée! Une vraie envie de vomir m'a prise lorsque j'ai appris qu'un prix littéraire a été décerné à un auteur qui fait l'apologie de la pédophilie.

 

Je ne suis pourtant pas du genre timoré puisque je suis moi-même auteur de romans érotiques et que, me dit-on, je ne mâche pas mes mots. Mais là, vraiment, je ne comprends plus rien au snobisme de notre intelligentsia parisienne! 

 

Je crie haut et fort, et cela depuis longtemps, qu'en matière de sexe, tout est permis entre adultes consentants. Mais on n'a pas le droit de profiter de la vulnérabilité, de l'innocence, de la confiance des enfants et des jeunes adolescents pour assouvir ses obscurs fantasmes. Ça, c'est déjà dégueulasse.

 

Quand en plus on a l'aplomb d'en faire la narration par écrit, et pas dans son journal intime, mais dans un livre dont on espère qu'il sera lu pas le plus grand nombre, et qu'il se trouve quelque éditeur pour publier cette merde au nom de la liberté de parole, là je ne comprends plus rien à ce qui se passe dans la tête de cette belle société intellectuelle qui fait et défait le succès d'un bouquin.

 

Mais comment en sommes-nous arrivés à sanctionner de cette manière des comportements tout à fait inacceptables, même si, comme me l'a écrit il y a peu un de mes correspondants facebookiens, nous savons tous que la pédophilie existe depuis la Grèce Antique. 

 

Les lois qui ont été votées pour protéger les mineurs ne s'appliqueraient pas à tout le monde? Suffirait-il de faire partie de l'élite intello pour être à l'abri? Je n'y comprends rien! Ne s'agit-il pas là de la confession intime d'un acte interdit par les lois françaises?

 

Et personne ne dit rien? Là, je vous l'avoue, j'ai honte ...

sam.

09

nov.

2013

Prochaines parutions

Vous le savez car j'en ai suffisamment parlé sur ma page Facebook, Marie Godard - nouvelles parutions, mon recueil de nouvelles intitulé  "Histoires de femmes" vient tout juste de paraître chez I.S Édition. Voilà une très bonne chose de faite.

 

Je suis ravie du résultat et j'espère, tant pour mon éditeur et sa nouvelle collection érotique "Jardins secrets" que pour moi, que les ventes seront à la hauteur de nos attentes.

 

Les prochaines parutions:

 

D'ici janvier ou février prochain paraîtra  "Cinq jours, quatre nuits", la suite d' "Échanges virtuels". Il y a déjà près de deux ans que mes lecteurs me demandent si les protagonistes vont enfin se rencontrer... Vous aurez bientôt la réponse, promis!

 

Puis viendra "Soumise, vous avez dit soumise?" qui n'est pas, contrairement à ce que son titre laisse croire, un roman sur la soumission. Il s'agit plutôt de la rencontre d'une femme et de ses trois amants qui n'est pas précisément ce qu'elle semble être. Les apparences sont souvent trompeuses...

 

J'ajoute que le nouveau recueil de nouvelles de Nicolas Marssac, mon homme, intitulé "Histoires inconvenantes" paraîtra d'ici peu, également chez I.S Édition

 

Nous sommes ravis tous les deux d'être les premiers ambassadeurs de la nouvelle collection "Jardins secrets". 

mer.

11

sept.

2013

Coup de gueule sur le NouvelObs

Violence partout, pas de problème! Sexe? Cachez ce sein que je ne saurais voir!

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Je suis auteur de romans érotiques. Mon dernier livre vient de paraître il y a quelques jours à peine. Et je suis très énervée lorsque je parcours l'actualité du NouvelObs ou que j'écoute le 20 heures, de constater à quel point notre société est clivée.

 

D'un côté on nous montre des images terribles d'enfants maltraités, de femmes et d'hommes mutilés par des extrémistes qui ont perdu leur âme. Les jeux vidéo destinés aux enfants et aux adolescents sont d'une violence inqualifiable. Mais tout cela, vous le savez déjà...

 

Et dans un même temps, Facebook, par exemple, supprime, sans autre forme de procès, toutes les pages où l'on aurait eu l'audace de montrer un sein de femme, y compris celui d'une femme qui allaite son enfant!

 

Mais qu'y a-t-il de si terrible à parler de sexe, d'érotisme, de fantasmes sexuels? Ne vaut-il pas mieux faire l'amour que la guerre? Oui, je suis de cette génération soixante-huitarde, attardée sans doute, qui faisait l'amour sur un canapé dans le coin d'une piaule partagée par plusieurs amis, tandis que ceux-ci fumaient des pétards. Et j'ai honte de ce que nous sommes devenus.

 

Avons-nous perdu la mémoire? Où sont donc passés nos idéaux? 

Je râle parce que la littérature érotique demeure confidentielle, qu'elle a quelque chose de sale, de honteux, qu'il vaut mieux la lire lorsqu'on est seul, bien à l'abri du regard des autres, ou, désormais, sur une tablette qui a le grand mérite de ne pas dévoiler la couverture du livre coupable.

 

Vous cherchez un roman érotique dans une librairie généraliste? Vous pouvez toujours y aller! Soit il n'y en a aucun, soit ils sont cachés, tout près du sol, dans un rayon bien à l'abri des regards. Mais les romans violents, graphiques, qui font l'apologie de l'horreur? Pas de problème, ils sont en tête de gondole! La rentrée littéraire des romans érotiques? Mais vous voulez rire ou quoi?

 

Et tout cela m'irrite car il n'est pas si facile de décrire, en innovant, ce que nous faisons tous en privé, et de donner au lecteur l'envie de nous lire jusqu'à la dernière page. C'est une des littératures les plus difficiles car tout a été dit... Et pourtant, nous sommes nombreux à continuer d'y croire, à continuer d'espérer qu'un jour nos livres trouveront leur place dans la "belle littérature".

 

Si vous faites partie de ceux qui n'ont pas honte de lire de beaux textes érotiques, je vous invite à lire mon dernier recueil, Histoires de femmes, qui vient de paraître chez I.S Édition. Mon précédent roman, Échanges virtuels, a gagné le prix très confidentiel du meilleur premier roman érotique au Salon du livre d'Évian en 2012. Vous êtes également les bienvenus sur mon site web: www.marie-godard.com

 

ven.

02

août

2013

Un rayon de soleil

Il y a si longtemps que j'attendais cette bonne nouvelle! Voyez un peu...

 

En septembre 2011, j'ai envoyé aux Éditions Blanche la suite d' "Échanges virtuels", intitulée "Cinq jours, quatre nuits". J'ai fait preuve d'une patience tout à fait exceptionnelle car il m'a fallu attendre une année entière pour que Franck Spengler m'annonce enfin qu'il aimait ce roman et qu'il allait le publier, en y mettant tout de même un bémol puisque Blanche ne publie plus rien, en théorie, qui n'ait été préalablement "vendu" à un éditeur poche. 

 

J'ai dû attendre encore jusqu'au mois de mai 2013 pour apprendre enfin, et cela parce que j'ai téléphoné à l'éditeur pour savoir ce qu'il en était, que non, tous comptes faits, Blanche ne publierait pas ce roman car Pocket est au plein jusqu'à fin 2014 et ne veut pas s'engager tant qu' "Échanges virtuels" n'aura pas été publié chez eux.

 

En somme, Pocket attend de savoir si le premier se vendra avant d'envisager la signature d'un contrat pour le second. Raisonnable. Rien à dire. Sauf que j'ai attendu près de deux ans pour obtenir cette réponse.

 

Faut-il vous dire que j'avais "les boules"?

 

Françoise Simpère, une auteur et journaliste que j'ai la chance de compter parmi mes amies, m'a conseillé un autre éditeur avec lequel elle travaille. Cet éditeur est un nouveau venu - à peine une année de présence - mais il y croit. Qu'est-ce qu'il y croit! Il est enthousiaste,  rigoureux et très pointu dans l'édition numérique sans pour autant renoncer au format papier. Le site internet de la maison d'édition est très bien fait, convivial, et donne envie.

 

Il a suffi que je lui envoie un courriel pour qu'il me réponde très rapidement qu'il me lirait avec plaisir. Je lui ai donc fait parvenir deux romans, un recueil de mes nouvelles, et un recueil de nouvelles de Nicolas.

 

Et moins d'un mois plus tard - oui, moins d'un mois, pas dix-huit ! - je recevais un courriel m'annonçant qu'il aimait notre travail, qu'il souhaitait créer une collection érotique et que TOUT ce que nous lui avions proposé y trouverait sa place.

 

Les contrats sont arrivés signés aujourd'hui dans le courrier et nous sommes vraiment très enthousiastes à l'idée de travailler avec I.S. Édition.

 

J'ai longuement eu l'homme qui dirige cette maison d'édition au téléphone. Je ne suis pas un jeune perdreau de l'année et j'en ai vu bien d'autres... mais je sais, je sens, que c'est quelqu'un de bien.  Il me plaît. Je suis persuadée que nous allons très bien nous entendre. 

 

Voici dons les dernières nouvelles. D'ici la fin de l'ananée 2014, un recueil de nouvelles et deux romans verront le jour chez I.S Édition. Et n'oublions pas le recueil de nouvelles de Nicolas "Histoires inconvenantes" qui lui, paraîtra avant la fin de l'année 2013.

 

Je viens de recevoir un très beau cadeau d'anniversaire avec juste un peu d'avance...

ven.

11

mai

2012

Nicolas Marssac ... a plus d'un tour dans son sac ...

David, l'organisateur du Salon d'Évian, est un mec vraiment sympa! Quel plaisir de voir avec quel dynamisme il accueille Nicolas Marssac, mon mari, pas simplement en sa qualité d'auteur, mais en faisant la part belle à ses tableaux.

 

Pendant un long moment, Nicolas a très peu utilisé ses pinceaux, par manque de temps ou d'inspiration, et c'est avec une immense joie que je l'ai vu, il y a quelques mois, reprendre le chemin de son atelier. Il a terminé quelques très beaux nus et en a, dit-il, plusieurs autres en gestation.

 

Quel meilleur endroit qu'un salon de l'érotisme pour les dévoiler  (rires  :-)) à un public de choix? Je suis persuadée que nous repartirons avec une voiture moins chargée qu'à l'aller!

 

Et je m'empresse de vous dire ici même qu'il est inutile à ces messieurs de fantasmer davantage, car je n'ai servi de modèle pour aucun des tableaux qui seront présentés. Il y a un seul nu de moi, (eh oui...) et il reste à la maison... 

 

Je crois pouvoir dire sans hésitation que j'ai plus de plaisir à voir le travail de mon mari reconnu et récompensé, que le mien. Est-ce la lionne en moi qui ressent un absolu besoin d'admirer son homme? Quoi qu'il en soit, je suis terriblement fière du mien!

 

Vous ne serez donc pas surpris que je vous invite à venir nous rencontrer en juin et à voir sur place comme ses tableaux sont beaux. Et ce n'est pas fini, car je vous inviterai à nouveau plusieurs fois d'ici la fin du mois de mai!

jeu.

10

mai

2012

Québec, aller-retour

DERNIÈRE SEMAINE DE SEPTEMBRE: L'APOTHÉOSE
DERNIÈRE SEMAINE DE SEPTEMBRE: L'APOTHÉOSE

De retour il y a trois jours à peine de trois semaines passées au Québec avec Nicolas, j'ai envie de vous faire partager, pendant que les souvenirs sont encore frais à mon esprit, les émotions qui m'animent.

 

Faut-il vous dire avec quelle immense joie j'ai retrouvé ma famille que je n'avais pas vue depuis quatre ans? De les voir tous en santé, en bonne forme, et de pouvoir partager avec eux toutes ces choses que l'on ne trouve pas toujours le temps d'écrire car la vie est trop prenante, voilà quel était le but de ce voyage et nous n'avons pas été déçus.

 

Il en a été de même pour les amis. Même si nous avons dû parcourir plus de 3.700 km dans toutes les directions, pour aller voir ceux qui étaient éloignés de notre camp de base, cela en valait incontestablement la peine!

 

Et comme si cela ne suffisait pas, nous avons retrouvé sept amis que nous n'avions pas vus depuis douze ans, voire plus, des retrouvailles qui nous ont fait chaud au coeur. Ces amis sont de ceux que l'on retrouve comme si on les avait vus la veille. Nous le savions et nous en avons eu la confirmation, à chacune de ces retrouvailles. Des promesses ont été échangées de se voir en France dès qu'ils pourront venir vers nous, et nous sommes persuadés qu'ils ne tarderont pas à débarquer avec armes et bagages dans notre paradis, pour notre plus grand bonheur.

 

Et finalement, nous avons rencontré une amie québécoise connue grâce 

à Facebook et que nous n'avions encore jamais vue, Eva Mazone, en passe de devenir célèbre grâce à son magnifique blog érotique, et que nous nous étions promis de voir à notre passage au Québec. C'est maintenant chose faite. Nous avons fait la connaissance d'une femme brillante et adorable qui fait désormais partie des gens qui comptent pour nous.

 

Mais toutes ces chaleureuses rencontres ne sont pas vraiment le propos central de ce récit. J'ai envie de vous parler de ce que j'ai ressenti en retournant pour la première fois dans mon pays après plusieurs années d'absence.

 

Il y a très longtemps que je sais que je veux finir ma vie dans le Sud-Ouest de la France. Je suis tombée folle amoureuse d'un Français il y a bientôt 36 ans et j'ai aussi eu le coup de foudre pour ce coin de France qu'il m'a fait connaître juste après m'avoir passé la bague au doigt. Et depuis maintenant douze ans, nous vivons heureux et cachés, dans un décor de rêve, entourés d'amis que l'on peut appeler à toute heure du jour ou de la nuit, et qui répondront toujours «présent!».

 

Et pourtant, de temps en temps, je me disais que j'aimerais bien avoir un pied à terre au Québec, y passer quelques mois de l'année, jouir de l'automne, qui dure quelques semaines à peine, et du début de l'hiver, une saison qui serait absolument merveilleuse si elle ne durait pas six mois! Un beau rêve que nous n'avons pas pu réaliser... et, j'en suis maintenant certaine, heureusement!

 

J'ai pris conscience, pour la première fois, que je suis désormais une étrangère dans mon pays. Il ne suffit pas, voyez-vous, de connaître par coeur le nom des rues, de pouvoir se repérer dans ce territoire gigantesque, de comprendre les coutumes et le dialecte du cru, ne riez pas! Non, cela ne suffit pas pour conserver un sentiment d'appartenance.

 

Force m'est de constater que je suis arrivée à ce moment dans ma vie où j'ai tellement roulé ma bosse, vécu dans de nombreux pays souvent très différents de mon pays d'origine, connu tant de cultures, tant de gens, que j'ai développé une vision quasi anthropologique dans mes rapports avec mes compatriotes. Je me sens exactement dans mon pays comme je me sentais lorsque je vivais dans tous ces pays d'Asie où notre métier nous a menés, comme un visiteur qui connaît, qui comprend, mais qui « n'adhère pas ». Je n'ai plus le nez dans le guidon du vélo...Ce recul me permet de voir tout ce que je ne voyais pas et tenais pour acquis avant de commencer à parcourir le monde.

 

Le résultat? Je me suis sentie étrangère, et surtout, très critique !

 

Je ne sais pas si c'est bien ou mal, mais c'est ainsi.

 

Comme me le dit Nicolas, mieux vaut cela que l'inverse. Imaginons que je sois prise d'un immense coup de cafard, d'une irrépressible nostalgie et que je me languisse du Québec. Nous serions, en effet, bien embêtés.

 

Mais il n'en est rien! C'est le contraire qui s'est produit, tout doucement, au cours de ces dernières douze années passées en France. Je m'y sens bien, je m'y sens intégrée, acceptée, et je n'ai envie de vivre nulle part ailleurs!

 

Cela ne m'empêche pas de poser parfois un regard très critique sur mes compatriotes français, de nous trouver un tantinet hexagonaux, de me dire qu'il faudrait peut-être parfois cesser de croire que nous savons tout faire et n'avons de leçons à recevoir de personne. Oui, il m'arrive de le penser, et de le dire.

 

Mais au bout du compte, j'aime ce pays d'où je tiens mes racines ancestrales. J'aime ces gens qui m'ont accueillies avec chaleur et amitié. J'aime baigner dans cette culture, jouir de cette qualité de vie que beaucoup n'apprécient pas à sa juste valeur, ce magnifique pays que je ne me lasse pas de regarder et qui ne cesse de me surprendre, tant pas son décor naturel que par son architecture, tous deux si variés. Oui, j'aime mon pays d'adoption et j'ai bien l'intention d'y finir mes jours.

 

Voilà ce que j'avais envie de partager avec vous!

 

Marie

Il est beau mon pays en automne...
Il est beau mon pays en automne...

dim.

06

mai

2012

Salon érotique d'Évian: du baume au coeur

Je ne sais pas si vous me croirez si je vous dis que je suis partie au Salon érotique d'Evian un peu à reculons, mais c'est pourtant vrai. Une partie de moi avait très hâte de faire la rencontre d'autres auteurs, et une autre craignait d'être déçue. 

 

Ceci mérite explication.

 

Depuis que j'ai commencé à écrire des romans érotiques, je travaille chez moi, près de Nicolas, mon homme, entourée de cette magnifique campagne et de nos nombreuses bestioles, et j'ai le sentiment d'être dans une espèce de bulle.

 

Jusqu'à ce week-end, il y avait quelque chose d'irréel dans mon travail car la géographie m'avait tenue à l'écart de tous ces lieux où l'on rencontre ses semblables. Mes seuls contacts étaient ceux de Facebook, toujours dans le virtuel, décidément... 

 

Alors la perspective d'être "confrontée" à Françoise Rey, Françoise Simpère, Anne Bert, et tous les autres auteurs et éditeurs que je ne vais pas nommer car la liste serait trop longue, et, pire, je risquerais d'oublier quelqu'un, n'était pas sans m'inquiéter un peu. Je craignais de me sentir étrangère à ce monde, et, surtout, de ne pas être acceptée.

 

Toute cette dépense d'énergie a été bien inutile car c'est tout le contraire qui s'est produit. Cette rencontre de gens qui se ressemblent a été un moment unique qui restera pour moi inoubliable. Nicolas et moi avons été accueillis avec chaleur, gentillesse, une grande ouverture, beaucoup d'humour et de complicité par tous ceux qui étaient présents. Nous avons immédiatement senti que nous étions des leurs et cela vous en dira beaucoup sur ce monde que l'on dit souvent scabreux et tordu.

 

Je peux vous rassurer, il n'en est rien! Les auteurs et éditeurs d'écrits érotiques sont des gens incroyablement ouverts avec lesquels on peut parler de tout sans avoir peur d'être jugé, et même de sexe !!! ;-)

 

Quel confort, quel luxe que de pouvoir parler de soi, de ce qui motive cette envie d'écrire, et, pourquoi pas, de ses fantasmes, à des gens que l'on vient de rencontrer mais dont on sait déjà qu'ils nous comprendront! Cela ne nous était jamais arrivé, pas plus à Nicolas qu'à moi. Je peux parler de révélation et le mot ne sera pas trop fort.

 

Autre chose. Je n'a ni 20, ni 30 ans, même pas 40! Bon je m'arrête là, si vous le voulez bien. :-)) Depuis que j'écris, je me demande si je ne suis pas un peu ridicule, si je ne suis pas trop vieille pour avoir droit au chapitre. Je sais depuis ce week-end que j'ai tous les droits.

 

Que la sexualité ne soit pas une affaire d'âge, je le savais déjà, mais d'avoir compris enfin que j'ai le droit d'en parler, de l'écrire, de le crier sur les toits si l'envie m'en prend, voilà une découverte qui décomplexe pour de bon. Et cela, je le dois aux personnes que j'ai rencontrées ce week-end à Évian.

 

Il ne me reste plus qu'à espérer qu'il y aura plein d'autres occasions de les revoir, que ces premières rencontres évolueront vers une amitié durable et profonde. Mais si ce n'était pas le cas, au fond, ce ne serait pas si grave, car j'ai déjà tant reçu d'eux...

 

Sans compter que l'on m'a fait le grand honneur de me décerner le prix du meilleurs premier livre de fiction érotique! La cerise sur le gâteau, je vous prie de me croire!

 

Marie

 

 

Quelques photos prises lors de la lecture d'extraits d'Échanges virtuels

Photo prise par Steph Chocolat Cannelle
Photo prise par Steph Chocolat Cannelle
Photo prise par Steph Chocolat Cannelle
Photo prise par Steph Chocolat Cannelle

mer.

02

mai

2012

Quand il neige sur mon pays...

Il neige depuis ce matin et la campagne est maintenant couverte de blanc. J'ai le coeur plein de joie!

 

"Quand il neige sur mon pays, de gros flocons couvrent les branches, et les regards sont éblouis, par la clarté des routes blanches, et dans les chants ensevelis, la terre reprend le grand somme, qu'elle fait pour mieux nourrir l'homme, quand il neige sur mon pays". Poème d'Albert Lozeau, qui a été repris en chanson un grand nombre de fois, chanson que pratiquement tous les Québecois peuvent chanter a cappella...

 

Ou encore,

 

"Il neige sur l'automne, il neige doucement, le ciel s'est entrouvert, comme un tamis de sucre blanc. Pour glacer le tronc des arbres, givrer le corps des érables, et faire frémir le coeur des gens. On avait oublié l'hiver, mais l'hiver ne nous oublie pas, il est là..." Chanson de l'auteur, compositeur, interprète québécois, Christine Charbonneau.

 

Je ne connais pas la nostalgie. J'ai appris tôt dans la vie qu'il ne fait pas bon vivre dans le passé. Et heureusement, car il y a maintenant plus de la moitié de ma vie que je suis loin de mon Québec natal. "Qui prend mari, prend pays", ne dit-on pas? Et c'est bien ce que j'ai fait. J'ai choisi de suivre l'homme que j'aime et, s'il fallait le dire, je n'ai pas le soupçon d'un regret.

 

Mais lorsque je me lève et que j'aperçois cette neige que saupoudre le ciel sur ma belle campagne du Sud-Ouest, alors j'ai quand même un petit coup de nostalgie... que je m'empresse de transformer en allégresse!

 

Je pense à ces divines promenades dans les "Laurentides", d'où vient ma famille, les raquettes aux pieds, dans le silence de ce décor sublime... 

 

Et, fort égoïstement, je prie qu'il neige toute la journée, que nous soyons longtemps coupés du monde, avec de belles flambées dans les cheminées, des chats qui ronronnent tout doucement, et que le silence ne soit rompu que par la belle musique que Nicolas a choisie pour l'occasion. Que ressentir d'autre alors que l'incomparable bonheur de partager ce moment avec l'homme que j'aime?

 

Et là, tout de suite, je me dis qu'il ne reste plus qu'une seule chose pour compléter cette image de mon paradis terrestre, c'est que je mette mon tablier pour nous préparer quelques agapes dominicales que nous arroserons de bon vin du terroir.

 

Bonne journée mes amis!

mar.

20

mars

2012

Adieu bébé Tartine

Tartine le jour de sa naissance
Tartine le jour de sa naissance

Je n'ai pas pour habitude de faire état de ma vie privée mais ce matin, je ressens le besoin d'exprimer par écrit l'immense tristesse qui m'anime.

 

Imaginez une jeune Québécoise, née avec des allergies si importantes qu'elle ne peut avoir aucun animal domestique à la maison, à part une perruche, et à qui il est interdit de s'approcher du moindre animal, de compagnie ou de ferme, sous peine de se retrouver aux urgences. Voyez-la grandir, qui gère au mieux cette perpétuelle privation de compagnons à fourrure. Elle comprend que c'est pour son bien, mais n'en ressent pas moins un manque profond dans sa vie d'enfant.

 

Puis au hasard des mutations imposées par sa vie professionnelle et celle de Nicolas, son mari, une petite chatte "isabelle" viendra faire le siège de leur maison japonaise jusqu'à ce que, de guerre lasse, la jeune femme la laisse franchir le pas de la porte. Elle ne repartira pas. Il y aura bien sûr des crises d'allergies, quelques visites à l'hôpital, pléthore d'antihistaminiques, mais la volonté d'adopter pour de bon cette chatte tricolore si affectueuse est si grande, que, presque par miracle, s'opérera une désensibilisation progressive et plutôt rapide qui fera en sorte qu'à partir de ce moment, les allergies à tous les animaux disparaîtront complètement. 

 

Et cette jeune femme, c'est moi. A compter de l'âge de 30 ans, j'ai pu enfin, avoir ma petite "bobtail" japonaise dont le nom était Shamisen, non seulement à l'intérieur de la maison, mais carrément jusque sous les couvertures de mon lit. Une victoire immense contre ces horribles allergies. Page tournée, enfin!

 

Et Shamisen a fait le tour du monde avec Nicolas et moi. Elle est rentrée au Québec lorsque nous sommes retournés y vivre pendant huit ans, puis nous a suivis jusque dans le Sud-Ouest lorsque nous y avons planté notre tente. Elle a vécu encore une année et s'est éteinte de vieillesse dans nos bras alors qu'elle avait plus de 20 ans. Une vraie histoire d'amour pour moi, qui m'a laissée immensément triste, vous l'imaginerez sans mal.

 

Serez-vous alors surpris de savoir que j'ai maintenant neuf chats qui entrent et sortent de la maison selon leur bon vouloir? Je vous rassure, on ne choisit pas d'avoir neuf chats! Toutes ces petites bêtes à fourrure se sont imposées à nous d'une manière ou d'une autre, et l'on peut dire que pour toutes, elles ont ainsi été sauvées d'une mort certaine:

 

Mère écrasée par une voiture ou morte de maladie alors que le bébé n'était pas encore sevré; vétérinaire. seringue à la main, avec le mandat d'euthanasier un petit frère et sa soeur qui ont à peine deux jours, absolument adorables et en parfaite santé et qui ne demandent qu'à vivre; chatte perdue dans les rues du village médiéval où nous vivions, le fémur déboité du col, maigre à faire peur; ou encore petite métissée siamoise pas encore sevrée criant à fendre l'âme parce que coincée dans un mur et incapable d'en ressortir; et, pour terminer, trois frères et une soeur, âgés de quelques mois à peine, abandonnés par leur propriétaire lorsqu'elle quitte le hameau où nous vivons maintenant en laissant ses chats derrière, sans même un dernier regard... La plupart d'entre vous auraient fait comme nous...

 

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Lorsque nous apprenions, il y de cela bientôt 7 ans, qu'un voisin ne voulait plus de ses deux ânes, Ferdinand et Myrtille, je reconnais que j'ai vu là une chance inouïe de faire la connaissance de ces bestioles aux grandes oreilles et au chant si amusant! Nous n'avons pas hésité un seul instant! Et c'est un plaisir chaque jour renouvelé que de les voir jouer dans le pré, ou dormir, paisiblement au soleil ou venir réclamer leur pitance, ou, mieux encore, des câlins.

 

Myrtille nous a fait deux très beaux rejetons, Séraphin qui aura bientôt 6 ans, et, l'année suivante, Tartine, notre bébé, la plus petite, la plus douce, la plus câline des quatre. Notre petite Tartine qui est morte, hier, d'une pneumonie fulgurante.

 

Si vous saviez comme nous sommes tristes. 

 

Nous n'avons rien vu venir. Le vétérinaire nous dit que cela est assez classique. Les ânes sont très durs au mal et montrent peu de symptômes, souvent trop tard. Tartine toussait de temps à autre, mais pas plus que les trois autres. Ce n'est qu'hier matin qu'elle a soudainement semblé très prostrée, avec une respiration qui lui soulevait péniblement les flancs, et les narines dilatées de qui a du mal à se remplir les poumons. Le vétérinaire est venu en urgence. Tartine a eu droit à plusieurs injections d'antibiotiques et anti-inflammatoires. Elle avait beaucoup de fièvre. Je suis allée plusieurs fois prendre sa température. A 13h, elle avait baissé un tout petit peu, à 15h, à nouveau, quelques degrés en moins, mais lorsque j'y suis retournée à 17h, elle était allongée dans l'abri, déjà morte, entourée de sa famille qui avait vraiment l'air désemparé et qui pleurait - c'est ce que j'aime croire - le départ de leur bébé.

 

Il y avait longtemps que je n'avais pas tant pleuré. Elle me manque déjà tant, cette petite chérie à quatre pattes qui venait chercher les câlins en courant.  Si vous aimez les bêtes, vous savez ce que Nicolas et moi ressentons en ce moment. Et il ne sert à rien de se dire qu'il y a les douze autres bestioles car l'une ne remplace pas l'autre. A nos yeux, chacune est unique.

 

Et ce matin encore, j'ai les larmes pleins les yeux pendant que j'écris...

 

Adieu bébé Tartine

xxx

Tartine, vieille d'un jour!
Tartine, vieille d'un jour!
Une peluche !
Une peluche !

jeu.

08

mars

2012

Nomination à Évian

En allumant mon ordinateur il y a de cela dix minutes, je suis allée faire un tour sur ma page de Facebook et j'ai appris que mon roman était nominé dans la catégorie "Prix du premier livre de fiction érotique" au Salon du livre érotique et des dessous chics qui se tiendra les 2 et 3 juin prochains à Évian, et dont vous trouverez le lien sur ce site.

 

Je suis à nouveau toute surprise de voir que mon livre plaît aux cinq personnes chargées de sélectionner les finalistes. Nicolas, vous vous rappelez de lui -  le membre fondateur de mon fan club et accessoirement (sourire) mon mari - est tout fier de moi. 

 

Cela me donne encore plus envie de continuer d'écrire et de partager mon imaginaire avec les lecteurs.

 

Allez, au boulot Marie!    

sam.

03

mars

2012

Une très belle lecture, à déguster lentement...

« Perle », le roman d'Anne Bert récemment publié chez Hors collection, est l’histoire d’une jeune orpheline qui part à la recherche de ses racines, et qui prendra, pour y arriver, les chemins les plus impudiques, les plus pervers même, jusqu’à ce qu’elle arrive à bon port.

 

Plus qu’un simple roman érotique, ce livre est d’abord et avant tout l’histoire d’une femme, rédigée à la première personne, qui nous entraîne dans sa quête d’identité, quête qui prendra toute la place et l’amènera à vivre une myriade de situations, parfois presque irréelles voire fantastiques, par moments pleines d’humour, souvent glauques, mais aussi une rencontre amoureuse aussi belle qu’improbable.

 

Et voilà tout la qualité du roman d’Anne Bert. « Perle » est un vrai récit, cohérent, et dont on a envie de connaître le dénouement ; c’est aussi une aventure érotique très osée, décrite dans un langage parfois très cru, mais également, et ce n’est pas rien, une histoire d’amour très émouvante. Dès les premières pages, le lecteur a envie d’accompagner Perle dans les méandres de sa quête de jeune femme sans racines, sans attaches, pour découvrir ce que lui réserve la vie.

 

Anne Bert écrit bien. Elle n’a pas peur des mots qu’elle maîtrise parfaitement. Elle en use et en abuse, passant de la description de paysages océaniques dont on sent qu’elle les connaît intimement, à des références historiques et culturelles qui aident à planter le décor, à l’illustration de scènes, érotiques ou pornographiques, à chacun d’en décider, parmi les plus audacieuses et souvent même délirantes, qu’il m’ait été donné de lire ces dernières années.


Je crois qu’il y a deux types de bons romans érotiques, et j’insiste sur le mot « bons », car, malheureusement, ce n’est pas toujours le cas… Il y a ceux qui se lisent d’un trait, en une nuit, ceux que l’on ne peut abandonner avant d’être arrivé à la dernière page tant l’histoire a le don de nous émouvoir en nous connectant à notre univers fantasmatique secret. Et il y a ceux que l’on ne peut lire qu’à toutes petites doses, un ou deux chapitres à la fois, car l’écriture est d’une telle densité qu’on ne veut à aucun prix en rater la moindre perle…


Et le roman d’Anne Bert fait partie de ces derniers.

 

 

 

ven.

20

janv.

2012

Délicieux hommage

 

J'ai reçu ce matin un courriel d'un de mes lecteurs dans lequel il me disait combien il avait aimé mon livre. Ce n'est pas le premier que je reçois, et, je l'espère, pas le dernier non plus. Alors sans être blasée, ce qui est loin d'être mon cas, ce gentil message n'aurait peut-être pas fait l'objet de cet article si ce n'était qu'Alain, puisque c'est son prénom, y a joint un très joli texte qui m'a fait très plaisir.

 

Pas un seul instant, tandis que j'écrivais Échanges virtuels, ai-je imaginé que ce livre aurait d'autre public que Nicolas, mon mari, et Franck, dont je craignais qu'il ne s'amuse pas du tout du rôle que je lui fais tenir dans mon roman.  

 

Suis-je la seule à écrire sans penser aux lecteurs?

 

Il ne s'agit pas d'égocentrisme, croyez-moi, c'est simplement que je n'ai jamais pu vraiment croire que ce livre serait un jour publié. Alors, de là à ce qu'il soit lu et apprécié... vous imaginez sans mal que c'est un scénario que je ne pouvais concevoir...

 

Et voilà pourquoi j'ai été si touchée lorsque j'ai reçu ce texte d'Alain.


 

Merci Alain, vous me faites chaud au coeur!

 

Marie

 

mar.

17

janv.

2012

Rentrée scolaire

J'ai l'impression qu'il y a des semaines que je n'ai pas ouvert mon manuscrit. La honte! J'ai tant d'idées qui me fourmillent dans la tête mais pas un instant pour les mettre sur papier.

 

Il n'y a rien de pire que de travailler depuis la maison. C'est génial, me diront ceux qui doivent aller au turbin tous les matins en prenant le RER, mais, en vérité, quand on travaille chez soi, il y a constamment une tonne de choses qui réclament l'attention et qui font que les journées passent sans que l'on ait fait la moitié de ce que l'on avait prévu...

 

Mais là, ce matin, avec les deux sites internet terminés (ou à peu près), je suis en état de manque et comme j'ai la journée devant moi et que ce n'est pas jour de gym, ou de visite chez le diafoirus, ou de coiffeur, ou de courses, ou de je ne sais quoi d'autre encore, je vais me replonger dans mon troisième effort, dont les 59 premières pages attendent sagement (pas tant que ça d'ailleurs) que les autres viennent les rejoindre.

 

Ce qui me donnerait une pêche d'enfer serait que mon cher Éditeur trouve quelques heures dans son emploi du temps de ministre pour me dire si mon deuxième roman, la suite d'Échanges virtuels que j'ai intitulée "Cinq jours, quatre nuits", a la moindre valeur à ses yeux. Nicolas a beaucoup aimé mais, comme c'est le membre fondateur de mon fan club, je ne peux me fier complètement à son avis, encore qu'il n'ait pas l'habitude de me faire de cadeau... 

 

J'essaie de ne pas trop y penser car cela m'insécurise. Un "jeune" auteur comme moi n'a pas encore (ou, en tout cas, me semble-t-il, ne devrait pas avoir) de certitudes quant à la qualité de son écriture. Il y a tant de livres magnifiques et parfaitement achevés sur le marché... C'est pourquoi je suis toujours aussi heureuse lorsque je reçois des commentaires positifs de lecteurs. Ils m'aident à poser des pierres à l'édifice de ma nouvelle passion...

 

Ce qui me fait penser que j'ai eu une petite déception hier soir en allant sur le site du Salon du livre érotique et des dessous chics d'Évian, car j'ai vu que le prix pour le meilleur premier roman avait été supprimé (faute de prétendants m'a dit David) et remplacé par le prix pour la meilleure fiction érotique... J'avais quelque espoir qu'Échanges virtuels soit nominé dans la catégorie des premiers romans, mais là, avec la qualité de la production d'auteurs chevronnés, je n'ai plus aucun espoir. C'est un peu enfantin tout ça, j'en ai bien conscience, mais cela me ramène toujours à mon talon d'Achille: cette confiance en soi qui est si fragile chez moi...

 

Ceci dit, aujourd'hui, même si ma rentrée scolaire est un peu tardive, je vais plancher sur "Soumise ... vous avez dit soumise?" Jusqu'à ce que Nicolas me crie, depuis son bureau, "T'as pas faim?"

 

Bonne journée à tous!

Marie

dim.

15

janv.

2012

Je me lance!

Je fais mes tous premiers pas sur mon blog pour vous annoncer que j'ai passé le week-end à créer deux sites internet, l'un pour Nicolas Marssac, mon tendre époux, et l'autre pour moi, respectivement www.nicolas-marssac.com et www.marie-godard.com.

 

Je trouve que Facebook est devenu terriblement aléatoire. Encore cette semaine, on m'a interdit d'entrer en contact avec des gens qui ne sont pas déjà mes amis, au prétexte que j'aurais envoyé une demande à quelqu'un que je ne connais pas. Quesaco?

 

J'ai donc, comme beaucoup d'amis sur Facebook, très peur que mes deux pages, Marie Godard et Échanges virtuels, dans la mesure où elles traitent d'érotisme et de littérature érotique, soient censurées, et que je me retrouve sans moyen de communiquer avec mes lecteurs.

 

Voici donc pourquoi j'ai pris la décision de créer ces deux sites. Stéphane Loiseau m'a conseillé un hébergeur et je me suis lancée!

 

Celui de Nicolas n'est pas encore terminé, je dois encore y ajouter des photos de ses tableaux et je ne sais plus quoi encore.

 

Le mien est opérationnel mais il y aura sûrement certaines modifications à faire lorsque je maîtriserai mieux son environnement.

 

Maintenant, à vous de me dire ce que vous en pensez. N'hésitez pas à me laisser vos messages, ils seront toujours les bienvenus!

 

Je vais maintenant au dodo avec un bon bouquin (l'un de la dizaine que j'ai reçue ces jours derniers...)

 

Marie

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Nouveaux romans

Recueil de nouvelles paru en décembre 2014

Le premier roman de Marie Godard

Recueils auxquels elle a participé

Marie et Nicolas ensemble sour la même couverture...