ven.

17

avril

2015

Réflexions sur la mort

Les récents événements m'ont amenée à beaucoup réfléchir à ce qui nous attend tous, un jour ou l'autre...

 

Quand je pense à la mort, que je regarde Nicolas, mon compagnon depuis si longtemps, je trouve qu’il y a quelque chose de révoltant à me dire que lorsque nous serons morts, notre relation unique et si rare se désagrégera à jamais.

 

Trente-cinq, avec de la chance quarante-cinq ans peut-être de vie commune, de complicité, de peines et de joies partagées, d’une connaissance si intime de l’autre que l’on peut finir ses phrases ou deviner à son seul regard ce qu’il pense, une partie de soi, là, tout près, si près, qui partage tout, même nos colères, nos révoltes, nos déprimes. Et tout cela se termine avec la mort?

 

Je trouve cela très choquant et de ce point de vue, je peux comprendre que bon nombre d’humains croient en Dieu, quel que soit le nom qu'on lui donne, en une vie après la vie, une vie où l’individu conserve son identité et retrouve ceux qui sont morts avant lui. Oui, je les comprends car de le croire est tellement rassurant. Donne le sentiment de ne pas faire tout cela pour rien.

 

A quoi donc sert de vivre, et, pour beaucoup d'entre nous, de bouffer chaque jour la merde à la petite cuiller, de souffrir, par moment, jusqu’à n’en plus pouvoir, de vivre aussi, à d’autres moments, une telle exaltation que l’on a le sentiment de ne plus toucher terre, de s’imaginer parfois qu’on est quelqu’un, qu’on a quelque importance au milieu de ce milliard d’hommes et de femmes, sans compter tous ceux qui sont passés là avant nous et tous ceux qui nous suivront? Et tout cela pourquoi ?

 

Si je pousse ce raisonnement jusqu’à sa conclusion, je n’ai qu’une alternative.

 

Soit je ne supporte pas que ma vie ne serve à rien et je me dis que je n’ai pas besoin de vivre toutes ces souffrances et ces plaisirs passagers et j'y mets un terme. Soit je me jette à fond dans tout ce qui me fait plaisir, je me roule dans l’insouciance, l’égoïsme aussi parfois, je fais d’ Épicure mon saint patron et je profite de cette vie jusqu’à ce qu’elle me lâche dans le cosmos des cellules pourries de ces milliards de corps qui m'ont précédée.

 

Oui, je comprends ceux qui croient au paradis. J’y croirais moi aussi, s’il n’y avait pas l’enfer de l’autre côté de l’équation. Comment accepter qu’après avoir tant souffert, on puisse être encore une fois puni, et pour l’éternité, rien de moins, parce qu’on n’a pas été à la hauteur ?

 

Quel est l’être qui a pu avoir cette abominable idée ? Et pourquoi?

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jeu.

08

janv.

2015

Je suis Charlie !

Je pleure en pensant à ces journalistes, les défenseurs de notre liberté de parole, ces hommes si précieux qui sont morts pour que nous puissions continuer de dire ce que nous pensons. 


Comment ne pas rejoindre mes compatriotes pour dire à haute voix quelle profonde tristesse je ressens devant une telle horreur? Pour crier haut et fort que l'on ne peut pas tout faire au nom de la religion et que, quoi qu'ils croient, ces tueurs ne seront pas récompensés pour leurs actes d'une infinie barbarie.


Je ne sais pas si Dieu existe, mais si c'est le cas, j'ai la certitude qu'il ne peut pas prendre sous sa protection des êtres qui ont démontré, une fois de plus, qu'ils ne font plus partie du genre humain...



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sam.

09

nov.

2013

Prochaines parutions

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ven.

02

août

2013

Un rayon de soleil

Il y a si longtemps que j'attendais cette bonne nouvelle! Voyez un peu...

 

En septembre 2011, j'ai envoyé aux Éditions Blanche la suite d' "Échanges virtuels", intitulée "Cinq jours, quatre nuits". J'ai fait preuve d'une patience tout à fait exceptionnelle car il m'a fallu attendre une année entière pour que Franck Spengler m'annonce enfin qu'il aimait ce roman et qu'il allait le publier, en y mettant tout de même un bémol puisque Blanche ne publie plus rien, en théorie, qui n'ait été préalablement "vendu" à un éditeur poche. 

 

J'ai dû attendre encore jusqu'au mois de mai 2013 pour apprendre enfin, et cela parce que j'ai téléphoné à l'éditeur pour savoir ce qu'il en était, que non, tous comptes faits, Blanche ne publierait pas ce roman car Pocket est au plein jusqu'à fin 2014 et ne veut pas s'engager tant qu' "Échanges virtuels" n'aura pas été publié chez eux.

 

En somme, Pocket attend de savoir si le premier se vendra avant d'envisager la signature d'un contrat pour le second. Raisonnable. Rien à dire. Sauf que j'ai attendu près de deux ans pour obtenir cette réponse.

 

Faut-il vous dire que j'avais "les boules"?

 

Françoise Simpère, une auteur et journaliste que j'ai la chance de compter parmi mes amies, m'a conseillé un autre éditeur avec lequel elle travaille. Cet éditeur est un nouveau venu - à peine une année de présence - mais il y croit. Qu'est-ce qu'il y croit! Il est enthousiaste,  rigoureux et très pointu dans l'édition numérique sans pour autant renoncer au format papier. Le site internet de la maison d'édition est très bien fait, convivial, et donne envie.

 

Il a suffi que je lui envoie un courriel pour qu'il me réponde très rapidement qu'il me lirait avec plaisir. Je lui ai donc fait parvenir deux romans, un recueil de mes nouvelles, et un recueil de nouvelles de Nicolas.

 

Et moins d'un mois plus tard - oui, moins d'un mois, pas dix-huit ! - je recevais un courriel m'annonçant qu'il aimait notre travail, qu'il souhaitait créer une collection érotique et que TOUT ce que nous lui avions proposé y trouverait sa place.

 

Les contrats sont arrivés signés aujourd'hui dans le courrier et nous sommes vraiment très enthousiastes à l'idée de travailler avec I.S. Édition.

 

J'ai longuement eu l'homme qui dirige cette maison d'édition au téléphone. Je ne suis pas un jeune perdreau de l'année et j'en ai vu bien d'autres... mais je sais, je sens, que c'est quelqu'un de bien.  Il me plaît. Je suis persuadée que nous allons très bien nous entendre. 

 

Voici dons les dernières nouvelles. D'ici la fin de l'ananée 2014, un recueil de nouvelles et deux romans verront le jour chez I.S Édition. Et n'oublions pas le recueil de nouvelles de Nicolas "Histoires inconvenantes" qui lui, paraîtra avant la fin de l'année 2013.

 

Je viens de recevoir un très beau cadeau d'anniversaire avec juste un peu d'avance...

ven.

20

janv.

2012

Délicieux hommage

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mar.

17

janv.

2012

Rentrée scolaire

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POUR MON AMIE ANNE BERT

Avez-vous déjà pris le temps de vous interroger sur ce que pourrait être votre fin de vie en cas de maladie incurable ou au terme d’une maladie ou d’un accident qui vous condamne à un état grabataire ?

Savez-vous que la loi Claeys-Leonetti ne donne aucune liberté de choix au patient si ce n’est celle de se faire administrer un produit qui le placera dans un état de sédation profonde tandis que l’alimentation sera interrompue jusqu’à son décès ?

Nous sommes loin de ce que François Hollande avait promis lors de sa campagne présidentielle puisqu’il s’était engagé à légaliser l’euthanasie et l’aide active à mourir. Il n’a pas tenu sa promesse.

Je vous invite à prendre connaissance de la lettre ouverte de l’auteur Anne Bert, une amie proche qui est atteinte d’une maladie neurodégénérative grave et  totalement handicapante : la sclérose latérale amyotrophique (SLA), aussi connue sous le nom de la maladie de Charcot, une terrible maladie.

Les motoneurones qui dirigent les muscles volontaires meurent progressivement et l’issue en est fatale. Il n’y a pas de traitement et les malades ont, dans le meilleur des cas, entre trois et cinq ans à vivre après le diagnostic. Anne, comme tous les patients qui en sont atteints, subit une paralysie progressive de tous ses muscles volontaires, y compris des muscles respiratoires. Il arrivera un moment où elle ne pourra plus ni parler, ni déglutir.

Elle n’aura plus alors que ses yeux pour communiquer tandis que son cerveau gardera la pleine conscience de ce qu’elle est en train de vivre.

 Anne ne veut pas mourir. Elle aime la vie mais elle sait ce qui l’attend et veut pouvoir choisir le moment de sa mort sans avoir à passer par la case torture, emprisonnée dans son corps.

Elle est, comme moi et comme des millions de Français, révoltée que François Hollande n’ait pas tenu parole afin de nous assurer de pouvoir disposer de ce libre choix.

Elle a dicté une lettre ouverte adressée aux candidats à l’élection présidentielle de 2017 dans laquelle elle leur demande de prendre position face à la légalisation de l’euthanasie et de s’engager à faire voter sans tarder, s’ils sont élus, une loi digne de ce nom.

 Nous sommes tous concernés par ce libre choix, quel qu’il soit.

Prenez le temps de lire cette lettre (ci-après), partagez la avec votre famille, vos amis et sur les sites tels que Facebook, Twitter, etc.

Signez et faites signer la pétition en faveur de ce libre choix, un droit fondamental et une préoccupation existentielle majeure.

Je m’engage pour ma part à transmettre cette pétition et la lettre d’Anne Bert aux candidats à la présidence.

Marie Godard

Le 8 février 2017

 

Mesdames et Messieurs les candidats à l’élection présidentielle 2017, il est de votre devoir de vous positionner à propos de la légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie, sujet majeur qui relève des droits des citoyens à l’autodétermination de leur vie.
La loi Leonetti votée en 2016 n’a toujours pas légalisé le droit à l’euthanasie ni le suicide assisté comme promis par François Hollande, ni même réellement légiféré sur le respect des directives anticipées puisque les médecins peuvent les juger inappropriées ou ne pas en tenir compte dans l’urgence des soins, aucune banque de données immédiatement accessible n’existant.
Cette loi répond plus aux préoccupations des médecins qu’aux droits des patients qui souhaitent ne pas aller au terme de leur maladie incurable ou accepter d’insupportables souffrances. La sédation profonde et l’arrêt de la nutrition ne sont pas toujours ce que souhaitent les patients qui ont exprimé leur volonté de fin de vie. Endormir un malade pour le laisser mourir de faim et de soif est-il réellement plus respectueux de la vie que d’y mettre fin par l’administration d’un produit létal ?
En tout cas, ces dispositifs ne concernent que les patients au stade terminal de leur maladie. Ne sont pas concernés par cette loi bien hypocrite les patients atteints de maladies évolutives incurables, par exemple la maladie de Charcot dont je suis affectée depuis une année, qui très rapidement condamne à la dépendance et la paralysie totale, et à la mort dans un délai très court. Autant dire un tunnel de la mort dans lequel les patients sont condamnés à être torturés chaque jour un peu plus physiquement et psychologiquement sous le regard bienveillant de la loi Leonetti et des bien-pensants.
La souffrance physique et mentale, et la perte d’intégrité sans aucun espoir d’avenir n’ont jamais fait grandir l’homme, ne l’ont pas amoindri, il est vrai non plus, mais assurément choisir de les vivre ou de les faire subir ne rend pas meilleur. L’acceptation de vivre un calvaire n’est pas plus honorable que le refus. Le choix intime de devancer l’horreur dans mon cas précis s’est fait sans être atteinte de dépression, après une longue introspection, une réflexion spirituelle et philosophique, en temps réel, ouverte sur la vie. Il est assez insupportable d’entendre dire qu’un patient atteint d’une maladie incurable est forcément dépressif lorsqu’il souhaite en finir, qu’il suffirait de lui administrer des anxiolytiques ou des antidépresseurs pour qu’il aille mieux quand on sait que ces médicaments ne font qu’abrutir et diminuer la vigilance.
Pour ma part, décider d’abréger ma fin de vie plutôt que de végéter emmurée avant de mourir est un choix éclairé en accord avec ma vision de l’existence, fait dans un état d’esprit lucide, et qui m’apporte un peu d’apaisement. Cette décision n’est pas non plus égoïste, elle concerne les proches qui m’entourent et m’aident merveilleusement bien, mais qui respecteront ma si difficile décision parce qu’ils m’aiment. Au sujet de l’égoïsme, cet argument brandi par les opposants à cette légalisation – « mais avez-vous pensé à ceux qui vous aiment et qui veulent que vous ne les quittiez pas…? » – je me suis toujours justement questionnée sur l’égoïsme de ceux qui exigent que les souffrants et agonisants acceptent leur chemin de croix par amour pour eux.
En d’autres temps, par refus de la souffrance en préliminaire à une mort certaine ou par peur de trahir, le choix des résistants partant à la torture et préférant avaler une capsule de cyanure suscitait plutôt la compassion, la bienveillance, l’empathie, voire même l’admiration pour leur choix que l’on jugeait alors courageux. Pourtant je ne pense pas que le choix de mettre un terme à sa vie plutôt que de subir des souffrances insupportables relève du courage, ni d’ailleurs de la lâcheté. Ce choix exprime dans mon cas, puisque l’on ne peut parler que de soi dans cette affaire si intime, un immense amour et de respect de la vie telle que je la conçois. Les arguments que je lis ici et là pour pourfendre la légalisation de l’euthanasie me semblent toujours relever de parti pris inflexible, de dogme, de fantasmes, de non-respect d’autrui et parfois d’ imbécillité il faut bien le dire, comme ce collectif belge qui prétend que la loi encadrant l’euthanasie en Belgique est un danger pour la démocratie…
En France, la plupart de ces opposants, y compris des responsables politiques, admettent que peuvent se faire dans le secret familial avec le médecin de famille, des gestes qui abrègent la vie du malade, mais qu’il faut que cela reste du domaine de l’intime que l’on ne confesse qu’à Dieu. Voilà bien une moralité à géométrie variable. Consentir et comprendre qu’en huis clos on puisse donner la mort alors que c’est illégal est totalement inadmissible et indigne d’une société humaniste qui se doit de garder les yeux ouverts. Seraient alors pareillement admissibles de petits crimes commis hors champ de la sphère publique.
La légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie n’est en rien une incitation à bafouer la vie, encore moins une obligation à adhérer à cette vision de l’existence, ni même une obligation de la part du corps médical à assister ou procéder à l’acte létal. Les médecins qui, pour des motifs philosophiques ou religieux, refusent l’idée de l’euthanasie auront la liberté de ne pas la pratiquer, et les patients, la liberté de choisir d’endurer souffrances physiques, psychologiques et état grabataire, sans interférer autrement que par les soins palliatifs.
Afin de pouvoir sérieusement progresser dans le débat, les commissions et les concertations autour de cette question doivent être menées avec des personnes ayant certes des arguments différents pour construire un cadre d’application juste, mais ils devront être tous favorables au choix du geste létal ; il est nécessaire également que ces discussions se fassent en présence de ce que j’appellerais des « experts », c’est-à-dire des personnes concernées autres que des médecins : des malades, des proches de malades. Leur parole et réflexions sont essentielles au débat. Il est inacceptable de traiter les malades comme des hommes et des femmes sous tutelle, incapables de discernement et de lucidité. Excepté les malades atteints de pathologies psychiatriques, tout homme et toute femme doit disposer de la liberté de décider de la manière de vivre sa maladie et sa mort.
Les tabous de de la mort et du suicide aveuglent les dirigeants français, il est passé sous silence le nombre de vieillards ou de malades qui se suicident violemment dans la solitude et le secret. Doivent être aussi pris en compte le soulagement et l’apaisement que procure la certitude de pouvoir choisir et bénéficier d’une aide à la fin de vie active ou passive, plutôt que de s’acharner à chercher sans cesse une issue par ses propres moyens, ou à exiler ses derniers jours en terre étrangère, loin des siens, tourments qui empêchent de vivre une fin d’existence sereine.
Mesdames et messieurs les candidats à l'élection présidentielle, persister à refuser le droit de choisir sa fin de vie, c’est accepter que des Français déterminés à le faire se suicident de façon violente ou clandestinement aidés, ou encore aillent mourir hors frontières. Prenez donc vos responsabilités, votre positionnement favorable à la légalisation de l’euthanasie ne doit pas être une velléité électorale mais une infaillible détermination. Selon les derniers sondages 2015/2016, une très large majorité de Français (entre 80 et 90 %) est favorable a cette légalisation.
Je vous invite à consulter les documents législatifs de la proposition de loi belge relative à l’euthanasie, des discussions fort constructives et passionnantes, sur le site ⇒ www.senate.be
Anne Bert

Mourir d'un infarctus à 47 ans... Cela en vaut-il la peine?


Nous avons appris hier que Pierre Berger, le président d'Eiffage, est mort à 47 ans d'un infarctus. Je ne suis certes pas médecin, mais je ne peux m'empêcher de penser que cet homme s'est vu amputé d'une quarantaine d'années de vie en raison de ses choix, même s'il n'en avait sans doute pas conscience.

 

Ce décès prématuré m'a amenée à réfléchir à ce qu'est notre vie, à ce que nous choisissons d'en faire, à ce que l'on récolte de ce que l'on a semé. Le meilleur...et le pire...

 

On n'a rien sans rien, me direz-vous, et c'est vrai. Mais il me semble que la seule question qui compte vraiment est de savoir si, pour être sur le devant de la scène, pour ressentir l'ivresse de la toute-puissance, pour détenir la richesse qui permet de dépenser sans jamais compter, le prix à payer n'est pas trop élevé.

 

En d'autres mots, est-ce que les sacrifices que l'on doit faire -- et parfois même celui de sa vie -- pour devenir un incontournable dans les domaines de la finance, de la politique, et parfois même de la culture, valent tout ce à quoi l'on doit renoncer pour y accéder?

 

Certains d'entre vous me répondront qu'un homme tel que Pierre Berger, dont l'ascension professionnelle a été exceptionnelle, n'a pu en être que comblé, tant au plan professionnel que financier, et qu'il ne pouvait, donc, qu'être heureux...

 

Mais qu'en est-il de tout le reste?

 

Pensez-vous un seul instant que l'on puisse accéder à la présidence d'une société, voire d'un pays, sans renoncer à être présent lors des moments qui comptent dans la vie d'un être humain? Et par exemple, quelles sont les chances qu'une femme puisse avoir un enfant sans accepter de sérieusement compromettre sa carrière, quelles sont celles qu'un homme puisse assister à l'accouchement de sa femme ou accompagner son rejeton lors de son premier jour d'école? Qu'il puisse voir sa fille jouer pour la première fois dans une pièce de théâtre?

 

Devoir renoncer à prendre des congés en famille dont ils auraient pourtant terriblement besoin, faire le sacrifice de ces merveilleux moments passés dans une indicible communion avec la nature, peu importe la vue imprenable depuis leur résidence secondaire où ils n'ont guère le temps d'aller, voilà les choix qu'ils doivent faire chaque jour pour être tout là haut... 

 

Et par ailleurs, vous est-il venu à l'esprit qu'ils se sont fait, en cours de route, des ennemis mortels qui n'attendent que de les voir plier le genou pour, d'un grand coup de pied, les écraser contre le sol? Qu'à chaque moment de leur vie, ils doivent renoncer à être spontanés, qu'ils doivent mesurer chacune de leurs paroles car ils n'ont plus jamais droit à l'anonymat? Qu'ils ne peuvent donc plus s'autoriser à boire un peu trop en compagnie d'amis chers car ils doivent, toujours, garder le contrôle? 

 

Ils sont puissants, ils sont riches, certes, mais à quel prix? Tout ça pour quoi? Pour qu'un chapitre leur soit consacré sur Wikipedia? Pour qu'un livre leur soit consacré, s'ils ont de la chance?

 

Tout cela n'a de sens, à mon avis, que dans le cas d'êtres exceptionnels qui laissent dans leur sillage des réalisations inoubliables. Gandhi, Mère Teresa, de Gaulle... mais les autres...

 

Je pense à ceux qui restent derrière, privés de père, de mère, d'ami, et je trouve cela terriblement triste...

 

Ça m'énerve! Ça m'énerve!

J'étais invitée ce weekend au Salon du livre de Gaillac. Nous étions 90 auteurs ainsi que quelques éditeurs régionaux. Les organisateurs nous avaient répartis sous des chapiteaux, selon des critères qui, à priori, semblaient objectifs: Littérature, BD, Livres pour enfants, et Littérature régionale. 

J'insiste sur le fait que je n'ai que de très belles choses à dire à propos des bénévoles et du personnel du service culturel de la mairie. Ils se sont très bien occupés de nous. 

En revanche, nous étions environ une dizaine d'auteurs qui ont été placés sous un chapiteau nommé "Éditeurs et auteurs locaux et régionaux". À priori, rien de choquant dans le fait de trier les auteurs en regroupant les auteurs qui VIVENT DANS LA RÉGION. Mais en fait, le tri n'avait ni queue ni tête. Oui, il y avait en effet des auteurs de la région (Gaillac, Toulouse, le Gers, etc...) mais il y avait également des auteurs régionaux sous le chapiteau "Littérature", tandis qu'un photographe néerlandais, et une auteur d'origine canadienne (moi) étions placés avec les auteurs "régionaux" à côté, par exemple, d'un auteur très sympa, André Coste pour ne pas le nommer, qui écrit des romans en occitan. 

Première incohérence qui nous a laissés très perplexes et qui a causé de la confusion auprès des visiteurs du salon qui n'ont pas compris pourquoi nous n'étions pas avec les auteurs du chapiteau "Littérature". 

Certains diront que la raison est plus subtile et qu'on nous a mis à part car nous ne sommes pas assez connus. Mais là aussi il y avait une incohérence car, pour ne citer que cet exemple, il se trouvait sous le chapiteau "Littérature" un jeune auteur qui vient à peine de publier son premier roman alors que nous étions nombreux sous le chapiteau "Auteurs locaux" à avoir quatre ou cinq livres déjà publiés, et souvent par des éditeurs nationaux et connus, comme c'est mon cas...

Et pour couronner le tout, tous les auteurs, SAUF LES AUTEURS "RÉGIONAUX", ont eu droit à une grande affiche au dessus de leur tête avec leur nom et leur photo... mais pas les auteurs de seconde zone que nous étions. 

De même en ce qui a trait au petit fascicule préparé par le service culturel de la mairie de Gaillac. Voyez un peu: Premières pages réservées aux auteurs "Littérature" avec photo et bio, viennent ensuite les auteurs de BD et de livres pour enfants, avec, pareil, photo et bio. Et les auteurs régionaux? Devinez!

PAS DE PHOTO ET DEUX LIGNES, DONT UNE POUR NOS NOMS, LES UNS DERRIÈRE LES AUTRES, POUR QUE CETTE LISTE PRENNE LE MOINS DE PLACE POSSIBLE!

Et, cerise sur le gâteau, les auteurs "régionaux" ont dû apporter avec eux les livres qu'ils présentaient au salon, les emballer et recueillir chèques et espèces, alors qu'un service de librairie avait été mis en place pour tous les autres auteurs qui n'ont eu qu'à dédicacer leurs livres pendant qu'un employé de la mairie ou le libraire (je ne sais) faisait le reste du travail...

Ça m'énerve! comme dirait l'autre, car j'ai une horreur absolue de l'incohérence et j'aurais été tout aussi choquée si je n'avais pas été invitée à ce salon. 

Il n'y a aucune façon de justifier cette différence entre les auteurs, différence qui est très blessante et qui nous a renvoyé le signal que nous sommes des auteurs de seconde zone, et qui envoie aux visiteurs du salon le message que ce salon du livre est à deux vitesses, un espace pour les "vrais" auteurs et un recoin pour les autres auteurs, enfin, si on peut les appeler auteurs parce que, bon... à qui il faut bien faire une petite place...


Savez-vous quoi? Je ne risque pas d'y remettre les pieds, et je ne suis pas la seule!

Nouveaux romans

Recueil de nouvelles paru en décembre 2014

Le premier roman de Marie Godard

Recueils auxquels elle a participé

Marie et Nicolas ensemble sour la même couverture...